La Bourse de Londres et LCH.Clearnet ambitionnent toujours de se marier
La Bourse de Londres reste en discussion avec LCH.Clearnet et ses actionnaires pour racheter la chambre de compensation franco-britannique. C’est ce qu’a souligné le London Stock Exchange le 27 janvier. Celui-ci est entré en négociation exclusive avec la chambre de compensation en septembre dernier après avoir damé le pion au fournisseur de données financières, Markit.
L’opération doit permettre au LSE de s’imposer sur le marché de plus en plus convoité de la compensation. Les régulations en cours de discussions aux Etats-Unis et en Europe vont pousser les dérivés échangés de gré à gré vers les chambres de compensation. Selon la Banque des règlements internationaux, ce marché a crû de 18% au cours des six premiers mois de 2011 pour s’établir à 708.000 milliards de dollars.
Dans ce mouvement vers la compensation, LCH.Clearnet intéresse notamment pour son service de compensation des dérivés de taux, SwapClear, qui, aux dires du groupe, traite 50% de ce segment. Encore faut-il convaincre ses actionnaires car elle est détenue à 83% par ses utilisateurs, c’est-à-dire les courtiers et les banques et à 17% par les Bourses, dont Nyse Euronext qui possède 9% du capital.
Les relations entre LCH.Clearnet et Nyse Euronext sont pour le moins ambiguës. Au printemps 2010, la Bourse transatlantique, qui est l’un des principaux clients de la chambre, avait décidé de mettre fin à leur partenariat pour créer ses propres chambres. En juin 2011, après l’annonce de sa fusion avec Deutsche Börse, qui dispose d’une compensation en interne, elle avait finalement décidé de prolonger ses contrats jusqu’à 2013. Elle avait aussi considéré renforcer sa participation dans la chambre, avec l’aide de Markit avant de jeter l’éponge. «Si la fusion entre Nyse Euronext et Deutsche Börse ne se fait pas, Euronext aura clairement des décisions à prendre en matière de compensation», explique le consultant Pablo Garmon.
Car elle ne pourrait plus compter sur les services de post-marché de la Bourse de Francfort. «Quand vous n’êtes pas fortement associé avec une chambre de compensation, elle a une grande indépendance pour fixer ses services et ses prix», souligne Pablo Garmon. Reste que «développer une chambre de compensation en interne, c’est beaucoup d’investissement alors même que les revenus attendus ont beaucoup baissé pour les dérivés listés et les actions», souligne Pierre Monteillard, Associé chez Ailancy.
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