La Bourse canadienne TMX passe du statut de cible à celui de prédateur
L’opérateur de la Bourse de Toronto est désormais paré pour sa quête de croissance internationale. Au terme d’une longue revue, les autorités canadiennes (en l’occurrence les provinces de Colombie Britannique et d’Alberta) ont en effet accordé leur ultime feu vert mercredi soir au rachat du TMX par Maple, un consortium regroupant des fonds de pension canadiens et des investisseurs comme Goldman Sachs ou JPMorgan. La concrétisation de cette opération ouvre la voie à des opérations d’acquisition par TMX.
Ce dernier passe ainsi du statut de cible à celui de prédateur, des sources concordantes, relayées en premier lieu par le Wall Street Journal, faisant état de discussions avec l’opérateur américain Direct Edge, quatrième marché des Etats-Unis en termes de volumes de transactions derrière le Nyse, le Nasdaq et Bats. Une opération qui attendrait la finalisation effective du rachat de TMX par Maple pour l’équivalent de 3 milliards d’euros.
Le directeur général de TMX, Thomas Kloet, a assuré le mois dernier que l’opérateur est «parfaitement positionné» pour grandir à l’international dès le rachat par Maple bouclé. Le dirigeant avait alors confié à Reuters sa volonté d’être attentif tant aux Etats-Unis qu’en Europe, en Asie et en Amérique Latine. A ses yeux, la taille de la cible ne peut constituer un obstacle tant que les synergies sont au rendez-vous. Même son de cloche avec le patron de Maple, Luc Bertrand, qui a récemment avancé que les acquisitions faisaient partie du programme, visant des opérateurs boursiers, des sociétés de gestion du risque ou des fournisseurs de données.
La valorisation de Direct Edge, spécialiste du trading à haute fréquence, reste incertaine. Elle était de 390 millions de dollars en 2008 à l’occasion de l’acquisition d’une participation minoritaire par l’International Securities Exchange. Elle se situerait désormais entre 300 et 500 millions. Une source citée par Reuters croit savoir que la plate-forme prétendait valoir jusqu’à 800 millions lorsqu’elle a commencé à chercher preneur il y a plusieurs mois.
L’appétit de croissance de TMX prend forme dans un contexte chahuté de rapprochements boursiers dans le monde. Alors que TMX avait précédemment été la cible du London Stock Exchange et que l’union des Bourses de Tokyo et d’Osaka semble sur de bons rails, les régulateurs font montre d’une grande vigilance.
Plus d'articles du même thème
-
Universal Investment acquiert un TPM londonien
Le fournisseur de services aux fonds et sociétés de gestion Universal Investment a mis la main sur Cadarn Capital, un tierce-partie marketeur établi à Londres et disposant d’une antenne au Danemark. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. -
Le fonds norvégien réalise un investissement direct dans le stockage par batterie
L’investisseur souverain co-investit à hauteur de 10% de l’actif auprès de Brookfield dans l’infrastructure énergétique américaine Aypa Power. -
M&G enregistre son septième trimestre de collecte nette dans la gestion d’actifs
La collecte de l’asset management ressort à 700 millions de livres sur les trois mois à fin septembre 2026. Il s’agit d’un ralentissement par rapport à l’an dernier.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
Contenu de nos partenaires
-
MirageMidterms : mais où est passée la coalition MAGA de Donald Trump ?
Les électeurs hispaniques, noirs et jeunes qui avaient rejoint Donald Trump en 2024 ont tourné casaque et voté pour des démocrates lors des élections de mi-mandat. Reste la base MAGA, loyale et mobilisée, mais étroite -
Budget 2027 rejeté à l'Assemblée : quelles suites maintenant pour le projet de loi de finances ?
Rejeté à l'unanimité par les députés, le projet de loi de finances pour 2027 part au Sénat dans sa version initiale. Faute de majorité, trois issues s'offrent à l'exécutif : aucune n'est sans risque. -
Tribune libre« La France, c’est nous » : Quand le moi fait la loi…
Ramener à soi la France ou la République en dit long sur l’appauvrissement de nos servitudes volontaires