La BFI de Natixis opte pour l’international au détriment de la France

Le cash actions, la banque transactionnelle et le coverage français font les frais du plan stratégique 2014-2017, présenté hier
Amélie Laurin

En 2017, Natixis devra tirer plus de la moitié de ses revenus de l’international. Ce défi, affirmé par le plan stratégique présenté hier aux investisseurs à Londres, concerne d’abord la banque de financement et d’investissement de la filiale de BPCE: ce pôle de «banque de grande clientèle» génère encore 53% de ses revenus en France, alors que la gestion d’actifs réalise 69% de son activité hors d’Europe. L’assurance et les services financiers spécialisés, au service des réseaux de BPCE, resteront quant à eux très franco-français.

L’accent mis sur l'étranger aura des conséquences directes sur les effectifs de la BFI dans l’Hexagone. La moitié de ses «équivalents temps plein» devront être basés hors des frontières en 2017, contre environ 40% aujourd’hui (1.500 personnes). En France, les 700 suppressions de postes annoncées au sein de Natixis SA (y compris dans d’autres métiers) seront détaillées aujourd’hui.

La BFI ne devrait pas sortir de certains métiers, comme elle l’a déjà fait depuis 2009, mais ses équipes de cash actions vont être réduites et cette activité «repositionnée sur les clients britanniques et américains». Centres de coûts, les départements de recherche actions, crédit et macroéconomie vont être fusionnés et leurs produits davantage «monétisés». A l’inverse, le fixed income (taux et change) reste prioritaire à l’international, comme les dérivés actions qui seront réorganisés en janvier.

Récemment créée, la ligne métier de banque transactionnelle (gestion de trésorerie, etc.) fera aussi l’objet de coupes, tandis que le coverage (couverture clients), déjà refaçonné, va être de nouveau «repositionné sur les clients corporates cœurs». Alors que les grandes entreprises françaises génèrent encore 43% des revenus de sa BFI, Natixis préfère mettre l’accent sur le financement d’acquisitions et les fonds LBO, sur l’énergie et les matières premières (notamment en Amérique latine, en Russie et en Asie) et sur les infrastructures.

Enfin les crédits vanille seront une fois de plus réduits, au bénéfice des prêts structurés originés puis distribués aux investisseurs institutionnels, donc moins coûteux en fonds propres. «Ayant entamé cette transformation plus tardivement que beaucoup de concurrents, Natixis a encore une marge de manœuvre importante dans ce domaine», estiment les analystes d’Oddo. La croissance attendue pour la BFI (+5% par an) se fera en effet à ressources constantes, avec des encours pondérés du risque stables.

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