La BCE veut modifier en profondeur sa stratégie
La Banque centrale européenne (BCE) a officiellement lancé, hier, sa revue stratégique, à l’issue de son Conseil des gouverneurs. Une annonce attendue par les marchés mais qui laisse un goût de trop peu. «Comme nous l’avions prévu, nous avons eu peu d’informations nouvelles», juge Frédérik Ducrozet, stratégiste chez Pictet WM.
L’institution de Francfort a annoncé que cet examen approfondi de sa stratégie, un exercice qu’elle a réalisé pour la dernière fois en 2003, porterait «notamment sur la formulation quantitative de la stabilité des prix, la gamme des instruments de politique monétaire, les analyses économique et monétaire et les modes de communication», selon un communiqué. L’objectif est de mener à bien cet exercice d’ici décembre.
Engagement pour le climat
Cette feuille de route est en ligne avec les attentes. Par formulation quantitative de la stabilité des prix, il faut comprendre la cible d’inflation visée, aujourd’hui «proche mais sous 2%» et qui pourrait devenir symétrique, celle-ci ne devant pas être vue comme un plafond par les marchés. La BCE ne parvient plus à atteindre son objectif clé malgré les mesures exceptionnelles prises ces dernières années, ce qui entame sa crédibilité. La manière dont est calculée cette même inflation sera également sur la table des discussions (lire par ailleurs).
«Christine Lagarde n’a donné aucun indice sur sa propre opinion, note Olivier Rakau, économiste chez Oxford Economics. Elle ne veut certainement pas préempter les discussions avec le Conseil et les débats avec les autres parties prenantes. Elle suit ainsi l’exemple de la Fed.» L’examen de la stratégie de la banque centrale concernera aussi la manière dont la BCE intègre l’impact économique du changement climatique dans ses modèles et ses prévisions. Dans le communiqué, «le sujet du climat semble être placé sur un deuxième plan, mais lors de la séance de questions de la conférence de presse, Christine Lagarde a clairement montré son engagement fort sur ce point», ajoute l’économiste d’Oxford Economics.
Cet examen ne fera pas l’impasse sur le bilan de la politique monétaire menée ces dernières années et sur l’utilisation d’instruments non conventionnels mais aussi des taux négatifs qui continuent de faire débat. La BCE a laissé inchangée sa politique monétaire avec un taux de la facilité de dépôt à -0,5% et la poursuite du programme mensuel de rachat d’actifs de 20 milliards d’euros.
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