La BCE se donne du temps pour apprécier l’impact du Brexit
Le programme de rachats d’actifs, prévu pour durer jusqu’en mars 2017, continuera jusqu'à ce que l’inflation s’ajuste vers son objectif, a réaffirmé, jeudi 21 juillet, Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), lors de sa conférence de presse.
Un peu plus tôt, le conseil de politique monétaire avait annoncé qu’il maintenait ses principaux inchangés, décision largement anticipée par les marchés. La BCE a également précisé que ces taux seraient maintenus à ce niveau ou plus bas «sur une période prolongée de temps et bien au delà de l’horizon fixé par les achats nets d’actifs». Ce programme est fixé désormais à 80 milliards d’euros mensuels.
Pour d'éventuelles autres initiatives, Mario Draghi a déclaré vouloir attendre et disposer d’une meilleure vision de l'évolution des tendances de l'économie et des prix, en référence au Brexit issu du référendum du 23 en Grande-Bretagne. Le président de la BCE a souligné que les marchés financiers avaient réagi de manière «résiliente» après ce référendum. Seule certitude, a-t-il ajouté, «si ce risque (du Brexit) se matérialise, ce sera un risque baissier».
En zone euro, «nous prévoyons que la croissance se poursuivra sur une tendance modérée», a souligné Mario Draghi. Il a rappelé qu’au premier trimestre de 2016, la croissance du PIB a atteint 0,6% après 0,4% au dernier trimestre de 2015. Le risque pour la zone euro reste toutefois orienté à la baisse.
Concernant l’inflation, son niveau est resté très faible au cours des derniers mois, mais il évolue dans le bon sens au rythme escompté par la BCE, une accélération étant attendue en fin d’année, puis en 2017 et au délà. Une amélioration du ryhme de l’inflation serait liée à une hausse du prix de l'énergie, a-t-il laissé entendre. L’enquête auprès des prévisionnistes situe l’inflation à 1,8% à moyen terme, ce qui montre un ancrage des anticipations, a précisé le président.
Concernant les TLTRO proposés aux banques par la BCE, le président de la BCE a jugé positifs leurs effets sur les conditions économiques. A propos de l’excès de prêts non performants détenus par des banques de la zone euro, Mario Draghi a évoqué l’idée d’un soutien comme une des solutions. «Les prêts non performants sont certainement un problème significatif pour la profitabilité future et pour la capacité et l’aptitude des banques d’accorder des crédits», a-t-il dit. Le 29 juillet, les résultats d’un stress test sur 51 banques européennes doivent être publiés.
Dans le cadre des réformes portant sur le système bancaire, il faudrait inclure un vrai marché des prêts non performants, avec possiblement un soutien public dans des circonstances exceptionnelles lorsque ce marché ne fonctionnerait pas bien, a ajouté Mario Draghi.
Enfin, comme à l’accoutumée, le président de la BCE a appelé à mener des réformes structurelles tant au plan national qu’au niveau de la zone euro, pour améliorer la croissance et lutter contre le chômage.
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