La BCE renonce à lancer une plate-forme unique de gestion du collatéral

La banque centrale préfère se concentrer sur l’harmonisation des procédures dans la zone euro mais offrira plus de souplesse aux banques
Solenn Poullennec
La future BCE visible sur le site de la BCE. Photo: PHB/Agefi
La future BCE visible sur le site de la BCE. Photo: PHB/Agefi  - 

La Banque centrale européenne (BCE) a revu ses ambitions techniques à la baisse. Mi-juin, elle a annoncé que le projet CCBM2 (collateral central bank management 2), censé permettre aux banques de mobiliser plus facilement le collatéral dispersé dans les différents pays de la zone euro, ne progresserait pas comme prévu. Les établissements financiers devraient cependant se satisfaire de la nouvelle feuille de route proposée.

Lancé en 2008, le programme CCBM2 était censé aboutir sur la création d’une plate-forme unique de gestion du collatéral entre les banques centrales. Aujourd’hui, une banque qui veut mobiliser en garantie des titres localisés dans un autre pays de la zone euro doit contacter sa banque centrale nationale. Celle-ci se met en relation avec la banque centrale du pays en question, laquelle va aussi vérifier si les titres désirés sont disponibles auprès du dépositaire central étranger. Ce système est très complexe : les procédures à suivre varient d’un pays à l’autre et supposent le rapatriement des titres exigés en garantie. Le tout alors que la mobilisation de collatéral de manière transfrontalière est passée de 163 milliards d’euros en 1999 à 569 milliards dix ans plus tard.

Après plus de quatre ans de travail, la BCE a toutefois renoncé à créer immédiatement sa plate-forme unique pour se concentrer sur l’harmonisation des procédures. «CCBM2 aurait été un système coûteux à mettre en place mais qui aurait donné une flexibilité de gestion du collatéral supérieure, à l’heure où la liquidité est importante», réagit Pierre Le Veziel, responsable de la commission repo à l’Association du Forex et des trésoriers de banque, l’AFTB. «Ce recul n’est pas si décevant» ajoute-t-il. Car la BCE a annoncé qu’elle allait supprimer l’exigence de rapatriement des titres et soutenir les services de gestion tripartite du collatéral en 2014. «La souplesse promise va être maintenue», reconnaît le professionnel.

«C’est une opportunité pour nous car nous avons déjà les plates-formes de gestion pour le collatéral en Euroclear», se félicite même Jan Lemeire, directeur gestion produits chez le dépositaire central de titres, Euroclear. Il espère que ces annonces encourageront ESES (Euroclear settlement of euronext-zone securities), la plate-forme de gestion du collatéral avec la Banque de France et de règlement-livraison pour les titres éligibles sur les marchés belge, français et néerlandais.

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