La BCE réduit légèrement le rythme de ses achats d’urgence
Publié le
Valérie Venck
Présentation de la Revue stratégique de la BCE par sa présidente Christine Lagarde le 8 juillet 2021.
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Photo Andrej Hanzekovic / ECB
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi qu’elle allait réduire dans les prochains mois le rythme des achats d’actifs effectués dans le cadre de son Programme d’achats d’urgence pandémique (PEPP), lancé en mars 2020 pour répondre aux répercussions économiques de la crise sanitaire.
« Sur la base d’une évaluation conjointe des conditions de financement et des perspectives d’inflation, le Conseil des gouverneurs estime que des conditions de financement favorables peuvent être maintenues avec un rythme légèrement plus faible d’achats nets d’actifs au titre du PEPP par rapport aux deux derniers trimestres », a indiqué la BCE dans un communiqué publié à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs. En juillet, son précédent communiqué de politique monétaire stipulait que les achats réalisés au titre du PEPP « se poursuivr[aie]nt à un rythme nettement plus élevé pendant le trimestre en cours que lors des premiers mois de l’année ».
La BCE a maintenu l’enveloppe totale du PEPP à 1.850 milliards d’euros et le programme se poursuivra au moins jusqu’en mars 2022, comme indiqué précédemment.
Par ailleurs, la banque centrale a laissé ses taux directeurs et son programme régulier d’assouplissement quantitatif (QE) inchangés. Le principal taux de refinancement de la BCE a été maintenu à 0% et son taux de rémunération des dépôts à -0,5%. Le programme régulier d’achats d’actifs (APP) de la BCE se poursuivra au rythme de 20 milliards d’euros par mois, a ajouté la BCE.
La banque centrale a précisé que les taux resteraient à leurs niveaux actuels ou plus bas jusqu’au retour durable de l’inflation à 2%, confirmant ainsi les indications prospectives, ou « forward guidance », qu’elle avait révisées en juillet pour tenir compte de son nouvel objectif d’inflation. La BCE a précisé que ce retour durable à une inflation de 2% pourrait impliquer une «période transitoire» de hausse des prix « modérément » supérieure à 2%.
Lagarde attendue sur l’avenir des achats d’actifs et les projections économiques
Si le ralentissement du rythme des achats du PEPP était très largement attendue par les investisseurs, la BCE ne répond pas, avec cette seule mesure, à toutes les questions qu’ils se posent sur l’avenir de ce programme et sur une éventuelle augmentation de l’APP. Face à la reprise économique en cours et à l’accélération de l’inflation en zone euro, les mesures de soutien de la banque centrale ont déjà été remises en question par plusieurs membres du conseil des gouverneurs.
Dans ce contexte, les nouvelles prévisions de croissance et d’inflation des équipes de la BCE, qui seront présentées en conférence de presse par la présidente de l’institution, Christine Lagarde, sont très attendues. La responsable s’exprimera à partir de 14h30.
En juin, la BCE anticipait une croissance de 4,6% et une inflation de 1,9% en zone euro en 2021. Avec la levée de nombreuses restrictions liées à la crise sanitaire, la situation économique s’est améliorée depuis et l’inflation a atteint en août 3%, son plus haut niveau depuis dix ans. Pour 2022, la BCE prévoyait en juin une croissance de 4,7% et une inflation de 1,5%.
Confrontée à une longue chute, la monnaie indienne s’est redressée après l’annonce d’une opération de la Banque de réserve de l’Inde. Elle reste fragile, fluctuant au gré de l’évolution des prix du pétrole, en attendant la prochaine réunion de politique monétaire.
Les marchés de taux restent sous pression, notamment les échéances les plus longues, alors que les investisseurs s’inquiètent de l’impact du conflit au Moyen-Orient sur l’inflation mais aussi de l’état des finances publiques. Le plancher japonais ne cesse aussi d’augmenter.
La croissance du PIB a dépassé les attentes en début d’année à +2,1 % en rythme annualisé, mais le deuxième trimestre devrait subir les conséquences du conflit au Moyen-Orient, laissant la banque centrale en position d’attente.
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