La BCE maintient le cap sur ses taux face aux critiques allemandes
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A l’issue d’une réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), son président Mario Draghi a rejeté les critiques allemandes contre la politique monétaire ultra-accommodante de l’institution. Il a assuré que l’institution utiliserait tous les outils à sa disposition « aussi longtemps que nécessaire ». « Nos politiques fonctionnent. Elles sont efficaces. Donnez-leur simplement du temps de démontrer tous leurs effets », a-t-il déclaré cet après-midi. Sans surprise, la BCE a laissé ses taux inchangés, après les avoir baissés en mars, et n’a annoncé aucune nouvelle mesure, se contentant de présenter les modalités de son programme de rachat d’obligations d’entreprises qui débutera en juin. Celui-ci se fera aussi bien sur le marché primaire que secondaire, portera sur les obligations de maturité résiduelle 6 mois à 30 ans notées au moins BBB-, et exclura les titres des banques, mais pas ceux des assureurs.
Mario Draghi a défendu l’indépendance de la BCE face aux critiques qui se multiplient en Allemagne contre ses tentatives pour relancer l’inflation et l’activité en zone euro. Au grand dam d’une grande partie de la classe politique outre-Rhin, dont le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, les taux particulièrement bas pénalisent l'épargne des ménages. « Nous avons un mandat qui est d’assurer la stabilité des prix pour l’ensemble de la zone euro, pas seulement pour l’Allemagne », a répondu Mario Draghi. Il a en outre rappelé que son objectif de retour à une inflation proche de 2% en zone euro était encore éloigné et que des risques persistaient pour son économie.
Mais le président de la BCE a précisé que le conseil des gouverneurs n’avait pas évoqué la possibilité de recourir à de la « monnaie hélicoptère », qui consisterait pour la banque centrale à distribuer directement de l’argent aux ménages.
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets.
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