La BCE cherche à équilibrer optimisme et prudence
Les minutes de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) publiées hier confirment l’optimiste des banquiers centraux sur la reprise et confortent l’idée selon laquelle l’institution se dirige vers la fin progressive de ses mesures exceptionnelles de soutien à l'économie.
«Il faut souligner qu’alors que l’environnement économique s’améliore, des scénarios noirs pour les perspectives d’inflation sont devenus moins probables, notamment alors que les risques de déflation ont en grande partie disparu», peut-on lire dans le «compte-rendu» de la réunion des gouverneurs de juin. A l’issue de celle-ci, la BCE avait déjà envoyé un signal au marché en omettant d’indiquer que les taux pourraient être encore abaissés. La BCE avait aussi estimé que les risques pesant sur les perspectives de croissance étaient désormais «globalement équilibrés» alors qu’elle considérait encore en avril qu’ils «restaient orientés à la baisse».
Le compte-rendu montre que les banquiers centraux ont même envisagé d’aller plus loin en revoyant leurs discours sur le programme d’achats de titres (QE). Compte-tenu de la faiblesse de l’inflation, ils ont cependant décidé de continuer à affirmer que celui-ci devrait de poursuivre au rythme de 60 milliards d’euros par mois jusqu’en décembre 2017, «ou au-delà si nécessaire». Les gouverneurs ont également souligné qu’un changement, même subtil, dans leur communication, pourrait avoir des conséquences négatives sur les conditions financières et donc compromettre le retour de l’inflation dans les clous. Le président de la BCE, Mario Draghi, l’a appris à ses dépens la semaine dernière, quand les marchés ont vivement réagi à des propos de Mario Draghi sur l’inflation.
«Les minutes de la réunion de juin de la BCE mettent en lumière son dilemme actuel : comment faire les premiers pas vers la sortie sans provoquer de distorsions sur les marchés», résume l’économiste en chef d’ING, Carsten Brzeski, pour qui ce processus de désengagement de la banque centrale, sera «très progressif et prudent». Hier, les marchés semblaient en tout cas se projeter déjà dans l’ère de la fin du QE. L’euro grimpait face au dollar à 1,14 et le rendement des titres souverains allemands à 10 ans se tendait de près de 9 points de base, à 0,558%. Celui des titres d’Etat français était à 0,912% (+9,9 pb) en fin d’après-midi. Selon Bloomberg, la demande relativement faible pour une émission de dette française à trente ans hier a aussi fait réagir les marchés.
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