La bataille persistante autour de Sprint compromet l’avenir de Clearwire

Majoritairement contrôlé par Sprint, Clearwire fait état d’un besoin de financement supplémentaire de 1,7 milliard de dollars d’ici à 2014
Yves-Marc Le Reour

Les incertitudes qui se prolongent sur l’avenir de Sprint ont des répercussions importantes sur sa filiale Clearwire dont les besoins de financement restent insatisfaits. Alors que sa maison mère avait lancé une offre à 2,97 dollars par action pour racheter un peu moins de la moitié du capital de Clearwire échappant à son contrôle, Dish Network, spécialisé dans les services de télévision par satellite, a proposé en début d’année une offre à 3,30 dollars par titre. Détentrice d’un stock important de fréquences mobiles, Clearwire vient de recommander à ses actionnaires minoritaires d’approuver une fusion avec Sprint lors d’une assemblée générale prévue le 21 mai prochain.

Clearwire, entreprise déficitaire, a fait état mercredi de besoins de financement supplémentaires «compris entre 2 et 4 milliards de dollars d’ici à 2017». En raison de «coûts élevés combinés à des sources de revenus plus incertaines», l’opérateur évalue à 1,7 milliard de dollars le montant nécessaire à la poursuite de son activité d’ici à 2014. Dans son périmètre actuel, Clearwire, très dépendant de sa maison mère, juge «hautement incertaine» l’obtention d’un tel financement. Le principal problème est que Sprint, troisième opérateur mobile américain, fait lui-même l’objet de deux offres de rachat, l’une émanant de l’opérateur nippon Softbank et l’autre de Dish Network.

SoftBank a précisé mardi qu’il n’avait pas l’intention de relever l’offre de 20,1 milliards de dollars faite en octobre 2012 à Sprint, contre 25,5 milliards proposés par Dish Network mi-avril. Le troisième opérateur mobile nippon considère néanmoins qu’en prenant en compte les synergies prévues, son offre est «supérieure de 21% par action» à celle de Dish. Le groupe japonais a reçu le soutien d’Intel, actionnaire minoritaire de Sprint. Dans un courrier adressé à la FCC, qui supervise les services télécoms aux Etats-Unis, le directeur général d’Intel Paul Otellini juge que l’offre de Softbank apporterait une concurrence bienvenue dans un secteur dominé par ATT et Verizon.

Sprint a convoqué ses actionnaires à une assemblée générale extraordinaire prévue le 12 juin, afin qu’ils se prononcent sur la proposition du groupe nippon. Dish Network a de son côté exhorté les autorités réglementaires à suspendre leur examen de l’offre de Softbank, en estimant que sa contre-proposition était préférable au nom de la sécurité nationale des Etats-Unis.

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