La banque russe Sberbank s’offre Troïka, sa compatriote, pour un milliard de dollars
La banque russe semi-publique Sberbank a mis la main sur sa compatriote Troïka Dialog (Troïka). Annoncée en fin de semaine passée, l’acquisition, dont la finalisation devrait intervenir au dernier trimestre 2011, a été réalisée pour un montant d’un milliard de dollars (724 millions d’euros). Ce montant sera réparti entre un groupe d’actionnaires (parmi lesquels le président de Troïka, Ruban Vardanyan), qui détenait 63,6% du capital, et la banque sud-africaine Standard Bank, qui disposait du solde. Outre un versement initial de 372 millions de dollars, Standard Bank recevra un complément équivalent à 8% d’une éventuelle hausse de valorisation de Troïka à fin 2013, via une clause d’«earn-out», a indiqué la banque sud-africaine.
Grâce à cette acquisition, Sberbank, première banque commerciale nationale, pourra s’ouvrir à la banque d’investissement et dès lors développer un modèle de banque universelle. «Cette opération est cohérente pour Sberbank et Troïka et va créer un nouveau potentiel de croissance», a relevé German Gref, directeur général de Sberbank, à l’occasion vendredi d’une conférence de presse.
Le dirigeant a indiqué viser à horizon 2014 une position dominante au niveau national dans la banque d’investissement. Selon German Gref, le bénéfice annuel moyen de Troïka devrait atteindre quelque 200 millions de dollars de 2011 à 2013. Sberbank, qui dispose de 260 milliards de dollars d’actifs et présente une valorisation de 75 milliards de dollars, entend «étendre et développer» les bureaux de Troïka à Londres et à New York en vue d’offrir des services de banque d’investissement au niveau international.
«Mettre la main sur un réseau de banque d’investissement va aider Sberbank à concurrencer la banque VTB sur la profondeur et la diversité de son offre à sa base de clients d’entreprise», relève le bureau d’étude Renaissance Capital. Toutefois, si l’acquisition démontre la volonté de Sberbank de croître dans la banque d’investissement, elle ne changera pas radicalement la donne, Troïka ne représentant que quelque 2% des prévisions de bénéfice du groupe en 2011, selon les analystes.
En termes de gouvernance, Ruban Vardanyan demeurera directeur général de Troïka durant une période de trois ans, afin d’assurer une transition au cours de laquelle la banque restera indépendante au sein de Sberbank.
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