La Banque Postale et la CDC doivent s’accorder sur les collectivités
Sa naissance est sans cesse retardée. Annoncée fin 2011, la coentreprise de la Banque Postale (LBP) et de la Caisse des dépôts (CDC) pour le financement des collectivités locales aurait dû voir le jour en mars 2012, puis en juin. Finalement, «on aura terminé le travail juridique au mois de mars» de cette année, assure Philippe Wahl, président du directoire de LBP qui détiendra 65 % des parts de la joint venture, contre 35% pour la CDC.
Le retard dans la mise en place de cet intermédiaire en opérations de banque n’a pas empêché LBP de proposer seule, dès juin dernier, des crédits de trésorerie aux collectivités adossés sur son propre bilan. Pour refinancer les prêts de long terme qu’elle propose depuis novembre, elle pourra s’appuyer prochainement sur l’ancien véhicule de Dexia qui prépare son retour sur les marchés au deuxième trimestre. Depuis fin janvier, cette société de crédit foncier est logée dans la Société de financement local (SFIL), la nouvelle banque publique détenue par l’Etat (75%), la CDC (20%) et LBP (5%).
Dans ces conditions, la feuille de route de la future joint venture reste floue. Aucune des parties prenantes ne souhaite s’exprimer sur sa mission exacte, ni sur sa gouvernance ou son nom. «Elle sera là pour émettre nos offres de crédits long terme», déclarait récemment une source proche de LBP. Un proche de la CDC indique en revanche que la coentreprise «n’aura pas de rôle opérationnel ou dans l’édition des offres de prêts. Elle sera l’interface nécessaire entre la SFIL et LBP et elle définira la politique commerciale de LBP» auprès des collectivités. Dans le rapport de force entre les deux institutions, la CDC sera certes minoritaire dans la coentreprise, mais elle détient davantage de parts de la SFIL et lui apporte 9,7 milliards d’euros de liquidités, contre 300 millions pour LBP.
Ce Meccano complexe résulte à la fois de la volonté des acteurs de se partager le lourd héritage de Dexia, et des exigences de la Commission européenne. Celle-ci a veillé à ce que les repreneurs du fonds de commerce et des équipes de la banque démantelée ne profitent pas des positions de l’ancien leader du financement du secteur public local.
En attendant la création de la coentreprise, LBP a déjà recruté plusieurs dizaines de collaborateurs de Dexia. D’ici à avril, son équipe devrait compter 130 personnes et six directions régionales. Elle compte produire cette année 3,5 à 4 milliards d’euros de crédits long terme.
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