La Banque d’Angleterre n’ose pas relever ses taux
La Banque d’Angleterre (BOE) n’a finalement pas sauté le pas. Malgré les anticipations grandissantes du marché, elle a laissé son taux directeur inchangé jeudi à l’issue de sa réunion de politique monétaire, mais a prévenu qu’une hausse des taux serait nécessaire « dans les mois qui viennent » afin de ramener durablement l’inflation vers son objectif de 2%.
Le taux directeur de la BOE a été maintenu à 0,1%, le niveau auquel il se trouve depuis mars 2020. L’enveloppe du programme d’achats d’actifs de la banque centrale britannique demeure à 895 milliards de livres sterling, dont des achats d’obligations d’Etat de 875 milliards de livres sterling.
Le comité de politique monétaire (MPC) de la BOE a voté à sept voix contre deux pour le statu quo sur les taux, Michael Saunders et David Ramsden s'étant prononcé pour une hausse à 0,25%. Le MPC a par ailleurs voté à six voix contre trois pour laisser le programme d’achat d’actifs inchangé. Trois membres, Michael Saunders, David Ramsden et Catherine Mann, ont voté pour une diminution du programme d’achats d’obligations d’Etat à 855 milliards de livres.
120 points de base de hausse intégrés par le marché
La BOE prépare depuis quelques temps le marché à une hausse des taux d’intérêt, mais elle n’avait fourni aucun calendrier jusqu'à présent. Depuis sa sortie officielle le 1er janvier 2021 de l’Union européenne, le Royaume-Uni se heurte à une poussée d’inflation, due notamment à d’importantes pénuries de biens et de main d’oeuvre.
Les économistes étaient partagés sur la date du premier relèvement des taux de la BOE. Une partie d’entre eux anticipaient une hausse ce jeudi, la BOE publiant son rapport trimestriel de politique monétaire parallèlement à sa décision sur les taux et aux minutes de sa réunion, mais d’autres pensaient qu’elle attendrait décembre, voire février 2022, afin de disposer de davantage d’indications sur l’évolution de l’inflation et de l'économie britannique.
Coup dur pour la livre
Les investisseurs attendent désormais la conférence de presse du gouverneur Andrew Bailey, qui devrait être interrogé sur la décision adoptée et l'évolution attendue des taux d’intérêt dans les mois qui viennent. Les marchés à terme intègrent des hausses de taux cumulées de 120 points de base d’ici à la fin 2022 au Royaume-Uni, mais les économistes pensent que ces anticipations pourraient être exagérées et que la BOE pourrait se montrer plus prudente dans les mois qui viennent.
L’institution a d’ailleurs prévenu jeudi anticiper une inflation inférieure à son objectif de 2% à moyen terme et qui « tombera probablement légèrement sous ce niveau, compte tenu des capacités inutilisées qui devraient émerger ».
La livre sterling accélère fortement sa baisse face au dollar après l’annonce du statu quo. Vers 13h15, la devise perd 1% face au billet vert, s'échangeant à 1,3553 dollar, contre 1,3642 dollar peu avant les annonces de la banque centrale britannique.
Plus d'articles du même thème
-
La Banque du Japon ouvre la voie à une hausse des taux en juin
Le compte rendu de la réunion du comité monétaire d’avril de la Banque du Japon montre que certains de ses membres sont favorables à une hausse des taux dès la prochaine réunion des 15 et 16 juin. -
Kevin Warsh à la Fed : retour vers le futur ?
Le prochain patron de la Reserve fédérale incarne moins une rupture qu’une nostalgie, relève Gilles Moëc, chef économiste d’Axa, celle d’une Fed des années 1990, centrée sur la stabilité des prix, réticente aux bilans hypertrophiés, méfiante envers les outils non conventionnels et attachée à une séparation nette entre politique monétaire et politique budgétaire. -
La banque centrale de Norvège remonte son taux directeur à 4,25 %
Face à l’inflation qui semble s’emballer notamment à cause de la hausse des prix de l’énergie, le comité de politique monétaire norvégien a choisi d’augmenter son taux d’un quart de point dès maintenant.
ETF à la Une
VanEck émet un nouvel ETF pour miser sur l’économie spatiale
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- State Street France lance un plan de départs après la perte de son principal client
- Le Crédit Agricole veut combler son retard sur l'entrée en relation bancaire digitale
- Le Crédit Mutuel Arkéa veut se lancer dans les cryptomonnaies
- La lutte contre la fraude à l'IBAN prend un nouvel élan
Contenu de nos partenaires
-
DéminéralisationLe dessalement, axe central de la souveraineté hydrique du Maroc
Le Maroc mise massivement sur le dessalement et la déminéralisation pour améliorer son autonomie hydrique. La production nationale d’eau dessalée devrait atteindre 1,7 milliard de mètre cubes par an à l’horizon 2030. -
La France va prendre « une initiative » à l'ONU pour sécuriser le détroit d'Ormuz, annonce Macron
« La réouverture d'Ormuz est la priorité absolue », a déclaré Emmanuel Macron, mardi 12 mai. Pour le président de la République, elle doit intervenir « avant de traiter les autres sujets par une négociation » -
La Fabrique de l'OpinionGénéral Charles Beaudouin: « L'édition 2026 d'Eurosatory est celle de la montée des périls »
Général Charles Beaudouin: « Dans moins de trois ans, une confrontation entre la Russie et l'Europe est possible. Les armées doivent s'y préparer »