La Banque d’Angleterre franchit le pas de la hausse de taux
A l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire (MPC), la BoE a décidé jeudi de procéder à un premier relèvement de son taux directeur depuis la crise financière en 2007, de 25 pb, pour le porter à un niveau de 0,50%, avec une majorité large de 7 voix sur 9, seuls 2 membres ayant voté en faveur d’un statu quo. Ils se sont en revanche prononcés à l’unanimité pour le maintien de son stock de détentions de titres. «L’érosion progressive des capacités de production inutilisées a réduit le degré d’assouplissement qui est nécessaire pour que le MPC puisse accepter une période prolongée d’inflation supérieure à son objectif», explique ainsi le communiqué.
Dans le cadre de ses nouvelles projections, l’autorité britannique prévoit un retour de l’inflation, actuellement à un niveau de 3%, vers son objectif de 2% à la fin de l’année 2020, dans l’hypothèse de taux relevés à 1% d’ici là. Si les prévisions de croissance n’ont été abaissées que de 0,1 point à 1,7% en 2018 et ont été maintenues à 1,7% au cours des deux années suivantes, la BoE a alerté sur le fait que le Brexit renforce le «ralentissement marqué» du potentiel de croissance de l'économie britannique, désormais estimé à 1,5%, contre 1,75% en août, et que la réaction des entreprises et des ménages au Brexit fait peser un «risque considérable» sur les perspectives.
Cette alerte formulées par l’autorité, conjuguée au fait que sa décision de relever ses taux était très largement anticipée à plus de 90% par les marchés, a fait chuter la livre sterling de 1,4% face à l’euro et de 0,9% contre dollar. Le rendement du Gilt à 10 ans s’est détendu de 7 points de base (pb), à un niveau de 1,28%. Les marchés à terme continuent de tabler sur une seule hausse de taux supplémentaire au cours de l’année prochaine, mais ont en revanche avancé l’estimation de sa date au mois de mars.
Contrairement à la Fed, la BoE n’envisage pas pour le moment d’entamer une réduction de la taille de son bilan.
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