La Banque d’Angleterre est poussée à agir sur les bonus des banques
Le débat sur les bonus des banques prend de l’ampleur au Royaume-Uni. Alors que le ton monte entre la Commission européenne et le régulateur britannique (accusé par la première de chercher à contourner ses règles), les parlementaires d’outre-Manche ont vivement recommandé à la Banque d’Angleterre de se pencher sur les règles de fixation des bonus.
Andrew Tyrie, président du Treasury Select Committee, l’équivalent de la Cour des comptes française, considère que la conception des banques britanniques «est loin» de rejoindre les propositions de la commission parlementaire sur les règles bancaires communes (Parliamentary Commission on Banking Standards), instance que le député conservateur préside également.
Dans un entretien accordé au Financial Times, il reproche aux banques de distribuer les bonus en actions plutôt qu’en titres de dette, lesquels pourraient être mises à contribution pour renflouer un établissement en difficulté (bail-in), et de ne différer le versement des rémunérations que sur une période de trois ans (à l’instar de RBS et de Barclays). Sur ce point, le quotidien britannique rappelle que le responsable de la Prudential Regulation Authority (le régulateur bancaire) avait soutenu l’année dernière l’idée d’un étalement sur dix ans.
La PRA doit publier ce mois-ci son document de consultation sur le mécanisme de «claw-back», qui permet à une banque d’annuler le versement d’un bonus différé en cas de mauvaise performance, de scandale ou de pertes, en vue d’une application de règles pour les bonus au titre de l’année 2015. «Sans un alignement beaucoup plus strict entre la rémunération et la maturité du risque, la structure des rémunération restera profondément viciée. Les banques doivent faire davantage pour régler ce problème. Ce sera le travail du régulateur de s’en assurer», a déclaré Andrew Tyrie.
Les autorités britanniques jouent un jeu serré. La City craint que les futures règles européennes de plafonnement des parts variables nuisent à sa compétitivité internationale. Londres est tenté de fermer les yeux sur certaines pratiques des banques britanniques pour détourner les règles, dont certaines cherchent à créer une forme de rémunération hybride via un système d’indemnités (allowances) comptant dans la part fixe. En outre, la tension politique est récemment montée d’un cran depuis les décisions de Barclays et de Lloyds Banking Group d’accroître les bonus de leurs salariés.
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