La balkanisation des systèmes bancaires pèsera sur les BFI européennes
Que les banques de financement et d’investissement (BFI) puissent atteindre un rendement des fonds propres (RoE) de 12 à 14% entre 2014 et 2016 est toujours envisageable; mais celles qui y parviendront auront à franchir des obstacles particulièrement relevés, dévoile l’étude annuelle menée par le cabinet de conseil Oliver Wyman et Morgan Stanley.
Les rédacteurs estiment que l’effet des réglementations en cours d’élaboration sera plus important qu’anticipé. En voulant réduire l’interdépendance des systèmes bancaires, elles provoqueront leur «balkanisation». «Nous estimons que la séparation des activités pourrait coûter environ 3 points de pourcentage de RoE, avec des écarts importants entre les acteurs», estiment les rédacteurs. Une situation qui pénaliserait particulièrement les établissements de la zone euro, qui cumuleront les effets de Bâle 3, de la séparation des activités spéculatives, de la réforme des marchés de gré à gré (Emir) et de la taxe sur les transactions financières (TTF).
Laurent Mignon, le directeur général de Natixis, a d’ailleurs déclaré vendredi sur BFM Business que la TTF lui coûterait 7 milliards d’euros par an, plus que ses revenus; le Crédit Agricole en a estimé le coût à 17 milliards. Parce qu’elle repose sur le nominal des transactions et non sur les revenus que les banques génèrent, «la TTF n’a aucun sens économique. Elle risque simplement de tuer les activités de marché, dont certaines sont pourtant des sources de liquidité à court terme pour les banques, comme la pension-livrée», estiment Bruno de Saint-Florent et Elie Farah, associés chez Oliver Wyman.
«Cela dit, les banques peuvent limiter l’effet des réglementations sur leur RoE (à 0,5% dans le meilleur des cas) en réorganisant leur structure juridique, leurs stratégies de refinancement et leurs modèles», nuance l’étude.
Dans l’édition 2012, Morgan Stanley et Oliver Wyman soulignaient la nécessité de réduire le bilan et d’alléger les frais de personnel. Les banques ont commencé à prendre ces mesures, qui se révèlent insuffisantes. «Des plans d’économies ont été lancés, mais sans forcément s’assurer que ces initiatives amélioreraient le ratio coûts/revenus in fine. Ils doivent pour cela aussi s’accompagner d’un allègement des coûts de structure», estiment les deux associés. L’étude chiffre le potentiel d’économies à travers la mutualisation des plates-formes à 3 milliards de dollars au maximum, soit une amélioration du RoE de 0,5%.
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