La baisse des marchés pourrait menacer les acquisitions payées en titres
La correction brutale des marchés boursiers pourrait compromettre la croissance d’un marché des fusions et acquisitions particulièrement dynamique depuis le début de l’année. C’est notamment le cas des opérations comportant une part significative payée en actions, soit plus de la moitié des acquisitions en cours de réalisation.
«Une baisse prolongée des marchés pourrait affecter les valorisations, enrayer les négociations et repousser la conclusion de certaines transactions», juge George Casey, associé responsable du M&A au sein du cabinet d’avocats Shearman & Sterling à New York, en ajoutant que des marchés volatils contribueraient à amoindrir la confiance des acquéreurs potentiels.
Le secteur de l’énergie semble particulièrement concerné via l’une des opérations les plus importantes annoncées début avril, à savoir le rachat du britannique BG Group par Royal Dutch Shell pour 47 milliards de livres (64,9 milliards d’euros), en cash et en titres. En dépit d’un rebond de 4% hier, l’action BG a perdu 11% depuis la mi-août. Le repli des cours du pétrole a fait chuter mardi les prix du gaz naturel à leur plus bas niveau depuis 2010 sur la plate-forme britannique d’échanges NBP (National Balancing Point).
Si l’écart entre le cours de l’action de la cible et le prix offert (deal spread) a dépassé 10% au cours des derniers jours, les analystes d’Exane BNP Paribas estiment néanmoins que «le bien-fondé stratégique de la transaction dans un environnement de faiblesse des cours du pétrole n’a pas changé». BG apportera à Shell une taille critique au Brésil et améliorera le taux de remplacement de ses réserves. La structure de la transaction (383 pence payé en cash et 0,4454 action Shell de classe B pour chaque action BG) fait que la composante en numéraire «représente maintenant 40% de la valeur de la transaction, contre 25% lorsque celle-ci a été annoncée».
Selon le bureau d’analyse de JPMorgan, les pétrolières intégrées ont remis au premier plan la préservation de leur trésorerie, les résultats du deuxième trimestre ayant montré qu’elles étaient en mesure d’abaisser encore leurs coûts et leurs investissements. La valeur ajoutée découlant d’une opération de croissance externe demeure dans ce contexte incertaine, «particulièrement si la valeur des réserves continue à chuter avec la baisse des cours du pétrole brut», conclut la banque américaine.
{"title":"","image":"93554»,"legend":"Fusions acquisitions. Illustration L’Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026. -
La baisse du bitcoin continue d'affecter les bénéfices de Coinbase
La plateforme d'échanges de cryptomonnaies multiplie les initiatives pour diversifier son offre. Toutefois, ses résultats financiers restent à la merci du cycle de la première des cryptomonnaies. -
En août, vos opérations de change peuvent vous coûter beaucoup plus cher
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d’oeil de DeftHedge sur le marché des changes.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Clap de fin pour plusieurs plateformes historiques d'échange crypto
Contenu de nos partenaires
-
Peau de l'oursDésarmement du Hamas : malgré Donald Trump, rien n'est gagné
Alors que le président américain vante un accord inédit à Gaza, Israël et la milice se renvoient la balle -
Série (14/28)Sarkozy et la dictature : quand François Bayrou criait à l'abus de pouvoir
Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
La City contre-attaqueA Londres, les dessous de l'offensive culturelle et touristique de la City
Le Leadenhall Market, magnifique marché en verre et fer forgé, est un lieu prisé des cols blancs de la City. Mais depuis quelques années, la clientèle a changé. « Les habitués viennent le matin, l’après-midi et le week-end, ce sont plutôt les touristes, précise Julien Dentroux, qui tient avec sa femme la boutique Les Merveilleux de Fred, ouverte depuis 2020. Cette évolution a en fait été impulsée par la Corporation de la City.