KKR optimise à nouveau son profil en mettant la main sur KFN
KKR a levé le voile sur une nouvelle opération d’alchimie interne de grande envergure qui devrait lui permettre d’améliorer tant sa gestion opérationnelle que son bilan. Après avoir en 2009 bouclé le rachat du fonds coté néerlandais KKR Private Equity Investors, s’ouvrant ainsi la voie d’une cotation à New York l’année suivante, la société d’investissement américaine entend aujourd’hui reprendre le contrôle de KKR Financial Holdings (KFN).
KKR a créé cette société de financement spécialisée en 2004 avant de la céder en Bourse en 2007. Elle n’en est plus actionnaire mais en assure la gestion par délégation. L’acheteur connaît donc parfaitement le terrain qu’il entend reconquérir et notamment les avantages qu’il pourra tirer de la manœuvre, passant par un risque d’intégration minimal.
Cofondateurs et PDG de KKR, Henry Kravis et George Roberts se sont félicités de pouvoir mettre la main sur «un portefeuille totalement investi et complémentaire», d’un montant de 2,9 milliards de dollars permettant au groupe au groupe «d’accroître la taille et la diversité de son bilan». KKR promet en outre de distribuer l’intégralité des gains réalisés par KFN. Créé en tant que fonds immobilier (REIT, Real Estate Investment Trust), KFN a diversifié son champ d’action, particulièrement avec la dette d’entreprise en 2007, participant au rachat par KKR entre autres de HCA, Toys ‘R’ Us ou Del Monte, ou à d’autres opérations menées par des concurrents.
Les actionnaires actuels de KFN sont choyés. L’offre amicale de KKR valorise leur société à 2,6 milliards de dollars, 35% de plus que la capitalisation du titre lundi soir à New York. L’opération est lancée par échange d’actions, à raison de 0,51 titre KKR pour une action KFN. Ce projet «a tellement d’intérêt que je l’ai proposé il y a deux ans déjà» a réagi Leon Cooperman, le patron d’Omega Advisors, deuxième plus important actionnaire de KFN avec 7,4% du capital (derrière Fidelity avec 13,6% et devant Thornburg IM avec 6,2%).
Les actionnaires de la cible détiendront 13% du nouvel ensemble. L’offre constitue une issue favorable au terme d’un parcours boursier chaotique, passant par un sommet à 29,55 dollars en février 2007 et un plus bas de 0,42 dollar deux ans plus tard. Cette année, le titre KFN a perdu 10% jusqu’à lundi soir, avant de bondir hier de 30,58% à 12,34 dollars.
Plus d'articles du même thème
-
La nervosité des investisseurs à l'égard de l’IA grimpe d’un cran au cœur de l’été
Le secteur des semi-conducteurs s’est subitement envolé en Bourse en fin de semaine après s’être effondré lors des jours précédents. Des réactions extrêmes qui traduisent la fébrilité du marché quant aux perspectives de l’intelligence artificielle. -
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026. -
La baisse du bitcoin continue d'affecter les bénéfices de Coinbase
La plateforme d'échanges de cryptomonnaies multiplie les initiatives pour diversifier son offre. Toutefois, ses résultats financiers restent à la merci du cycle de la première des cryptomonnaies.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Clap de fin pour plusieurs plateformes historiques d'échange crypto
Contenu de nos partenaires
-
Mur des lamentationsEmmanuel Macron, le « doudou » et les « pleureuses »
Entre 2012 et 2014, François Hollande ironisait sur les « pleureuses » (les patrons) qui venaient se lamenter dans le bureau de leur « doudou » ( Emmanuel Macron) -
Come backPrésidentielle : comment Hollande drague à son tour les patrons
Depuis quelques mois, l'ex-président honni rencontre de nombreux chefs d'entreprise qui prennent en considération son futur programme. Ce n'est pas de l'amour, mais de l'intérêt bien compris -
EditoImmigration : il y aura un avant et un après Ceuta
Cette crise a valeur de test pour l'Europe mais aussi pour les candidats de gauche et de droite à la présidentielle