KKR casse sa tirelire pour s’offrir Sandro et Maje
Alors que les acquisitions à effet de levier (LBO) sur plusieurs entreprises françaises de taille moyenne sont en suspens en raison de la crise économique et d’un accès réduit au financement bancaire, KKR est entré en négociation exclusive avec les fonds L Capital et Florac en vue d’acquérir SMCP, holding qui contrôle les marques de prêt-à-porter Sandro, Maje et Claudie Pierlot.
A un prix qui défraie la chronique: près de 650 millions d’euros, soit 11 fois l’excédent brut d’exploitation (EBE, ou Ebitda) de l’entreprise, pour un chiffre d’affaires d’environ 390 millions d’euros. Une valorisation rarement atteinte depuis l’éclatement de la bulle financière il y a cinq ans. Conseillé par Rothschild & Cie, KKR financerait l’acquisition en partie par le recours à une émission de dette à haut rendement.
L’information, parue samedi dans Le Figaro, a été confirmée à L’Agefi de source proche. L Capital (LVMH) et Florac (fondé par Marie-Jeanne Meyer, actionnaire historique du groupe Louis Dreyfus) contrôlent actuellement 51% de SMCP. Le solde est détenu par Evelyne Chetrite (fondatrice de Sandro), Judith Milgrom (fondatrice de Maje), Frédéric Biousse et Elie Kouby, deux dirigeants du groupe, qui ont déjà connu le succès à travers Comptoir des Cotonniers.Le groupe a affiché une croissance soutenue ces dernières années, en se positionnant dans le secteur du haut de gamme abordable. Ses revenus ont bondi de 40% en 2011 (à 303 millions d’euros) et d’environ 30% en 2012. Ses dirigeants ambitionnent d’atteindre 500 millions d’euros en 2014.
Le prix obtenu par L Capital et Florac, conseillés par JPMorgan et Leonardo, leur permet de réaliser une belle opération, eux qui ne sont entrés au capital de SMCP qu’en 2010. Mais une telle valorisation s’explique. Dans le marché des LBO sur des entreprises de taille moyenne, seuls les plus beaux actifs parviennent à se négocier, faisant consensus entre les vendeurs, les acquéreurs et les prêteurs.
Ainsi, KKR, qui devrait communiquer dans les jours qui viennent, aurait fait face à une dizaine de candidats. La volonté du fonds américain de remporter la mise s’explique également, alors que SMCP ne se situe pas précisément dans sa fourchette d’intervention traditionnelle: en l’absence de cibles de plus grande taille, KKR se doit malgré tout d’utiliser les fonds que lui ont confiés ses investisseurs.
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