JPMorgan déboucle une partie de ses positions sur les dérivés de crédit
JPMorgan passe à la vitesse supérieure pour nettoyer ses portefeuilles de trading. Pour la première fois, des données de marché laissent penser que la banque américaine a soldé cette semaine une partie des positions que sa direction des investissements a prises à Londres sur le marché des dérivés de crédit. Une exposition mal maîtrisée qui aurait atteint jusqu’à 100 milliards de dollars selon les rumeurs, et qui a contraint le groupe à avouer en mai une perte provisoire de 2 milliards de dollars dans cette activité.
Mardi, environ 31 milliards de dollars de contrats ont été traités sur l’indice CDX North America Investment Grade Series 9, où JPMorgan avait accumulé ses positions, selon les statistiques de MarkitServ. Un record absolu, les volumes quotidiens étant généralement compris entre 0 et 5 milliards, avec quelques pointes à 10 milliards au premier trimestre, quand la banque américaine a commencé à être accusée de distorsions de marché par certains fonds d’arbitrage.
Pour les observateurs, aucun doute: la banque est derrière ces mouvements. Selon Bloomberg, elle aurait débouclé ses positions par l’intermédiaire du hedge fund BlueMountain. Le fonds a été cofondé en 2003 par une vieille connaissance, Andrew Feldstein, qui a participé dans les années 90 à la création du marché des CDS au sein de JPMorgan.
L’opération de mardi a conduit la banque à cristalliser une partie de ses pertes. Depuis la révélation début avril de l’ampleur probable des paris pris, l’indice CDX NA IG 9 est passé d’environ 120 à 173 points de base, selon Markit, avant de refluer autour de 158 pb mardi. Tout écartement des spreads coûte de l’argent à la banque, qui était vendeuse de protection.
Une autre source permettra d’apprécier les mouvements de la semaine: la chambre de compensation DTCC publiera mardi ses données hebdomadaires arrêtées au 22 juin. A la date du 15 juin, la position nette sur l’indice en question était revenue à 136 milliards de dollars après un pic à près de 150 milliards. Il y a un an, ce volume n’atteignait que 61 milliards.
La banque américaine, elle, en dira plus sur la taille de son exposition résiduelle et sur ses pertes le 13 juillet, à l’occasion de la publication de ses résultats. Son patron, Jamie Dimon, a dit s’attendre à des bénéfices solides pour l’ensemble du groupe au deuxième trimestre.
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