JPMorgan allège son fardeau juridique en soldant le cas de la «Baleine de Londres»
Le sillage de la Baleine de Londres continue de faire tanguer JPMorgan. L’affaire, qui a en premier lieu généré une perte de 6,2 milliards de dollars dans les comptes de la banque l’an passé du fait de paris risqués sur le marché des dérivés de crédit, fait depuis peser sur elle un risque tant juridique que de réputation.
Alors que deux protagonistes ex-traders de JPMorgan ont été formellement inculpés lundi, un accord pourrait être dévoilé cette semaine, selon lequel la banque conviendrait de verser de 700 à plus de 800 millions de dollars pour mettre un terme aux poursuites engagées dans le dossier par les autorités américaines (Réserve fédérale, SEC, Bureau du Contrôleur de la Monnaie) et britannique (Financial Conduct Authority, FCA).
Tandis que Bruno Iksil, la «Baleine» à l’origine des positions mal inspirées sur les marchés, a échappé aux poursuites sur la promesse d’une coopération active avec les autorités, son supérieur Javier Martin-Artajo et son collaborateur Julien Grout doivent désormais notamment répondre de manipulation de comptes et de falsification de rapports à la SEC dans le but de minimiser les pertes. JPMorgan pourrait confirmer avoir failli dans ses procédures de contrôle tout en laissant la responsabilité de l’affaire à ses traders.
La banque se démène pour témoigner de ses efforts sans précédent en termes de contrôle interne. Dans une note adressée hier à l’ensemble des salariés, le directeur général Jamie Dimon a assuré sur un ton offensif que le sujet restait la priorité numéro un. Chacun est invité à «se retrousser les manches» car la pression des autorités ne manquera pas de se faire sentir «dans les semaines et les mois qui viennent».
L’accord attendu entre JPMorgan et les autorités concernant la «Baleine de Londres» (même s’il n’implique pas selon le Financial Times le régulateur du marché des dérivés, la CFTC, qui accuse la banque de manipulation d’un indice) soulagerait en effet la banque d’un boulet. Sans faire disparaître pour autant le risque juridique, qui passe par des accusations de manipulation de produits structurés adossés à des créances hypothécaires (MBS, mortgage-backed securities). Jamie Dimon a souligné dans la note interne que la banque a créé depuis début 2012 quelque 4.000 postes dédiés aux fonctions de contrôle (dont 3.000 pour la seule année 2013) et augmenté le budget associé d’un milliard de dollars annuels.
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