Jefferies se défend d'être un deuxième MF Global
Après MF Global, Jefferies Group s’est à son tour retrouvé dans le collimateur des marchés la semaine dernière. Les investisseurs craignent que la firme de Wall Street connaisse le même sort que son concurrent qui a déposé le bilan il y a huit jours. Privé de financement, ce dernier avait dû se résoudre à cette solution après l’abaissement de sa note par deux agences qui lui reprochaient son exposition de 6,3 milliards de dollars aux dettes souveraines de la zone euro et un levier excessif.
L’action Jefferies a dû être suspendue deux fois à la Bourse de New York jeudi, sa chute ayant atteint jusqu’à 20%, après l’abaissement de sa note par une petite agence de notation, Egan-Jones Ratings, de BBB à BBB-. Elle juge trop élevée son exposition de 2,68 milliards de dollars à la dette souveraine européenne par rapport à ses fonds propres.
Jefferies avait déjà indiqué en début de semaine, en réaction aux mésaventures de MF Global, qu’il n’avait «pas d’exposition significative aux dettes souveraines des nations du Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne». Il a dû publier un second communiqué pour la chiffrer. Le montant de 2,68 milliards indiqué ne prend pas en compte ses couvertures et l’exposition nette courte totale s’élevait à 38 millions. Ce à quoi plusieurs analystes répondent que les couvertures impliquent un risque de contrepartie qui n’est pas de nature à rassurer les marchés. Pour preuve, si l’action Jefferies a atténué sa chute après l’achat d’un million d’actions supplémentaires par son actionnaire majoritaire Leucadia National, ses obligations ont continué de souffrir. Selon les données de Trace relayées par Bloomberg, leur rendement a dépassé le taux moyen des obligations d’entreprise notées en catégorie spéculative, à plus de 8%.
Comme pour MF Global, les investisseurs se méfient aussi du niveau de levier employé par les établissements de taille moyenne ne bénéficiant pas de dépôts de clients. Mais alors que le levier de MF Global s’élevait à 33, celui de Jefferies reste limité à 13.
Reste à convaincre les clients. Selon CNNMoney, des dizaines de hedge funds que le groupe compte dans sa clientèle chercheraient actuellement à héberger l’argent de leurs clients dans d’autres banques d’investissement. Une information démentie par un porte-parole de Jefferies.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre -
Etats-Unis : Pete Hegseth dans l’œil du cyclone après la déroute républicaine aux midterms
Artisan de la guerre en Iran, qui a lourdement pesé dans la déroute républicaine aux élections de mi-mandat, Pete Hegseth pourrait faire l’objet d’un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine. Donald Trump assure vouloir conserver son chef du Pentagone, mais s’interrogerait en coulisses sur l’opportunité de le remplacer