Jean-Pierre Mustier devra relancer la banque d’investissement d’UniCredit
La rumeur courait depuis quelques semaines. Elle a été confirmé hier. L’ancien dirigeant de la Société Générale, Jean-Pierre Mustier, a été nommé à la tête de la division banque de financement et d’investissement d’UniCredit. Artisan du succès de la SG dans les dérivés actions, le Français, qui a été aussi nommé vice-directeur général du groupe italien, prendra ses fonctions le 14 mars. Il remplace à ce poste Sergio Ermotti, qui avait annoncé en octobre son intention de quitter UniCredit dans la foulée de l’éviction du patron de la banque, Alessandro Profumo, remplacé lui-même par Federico Ghizzoni.
«Ce départ avait alimenté le doute à un moment donné sur la pérennité de ce métier chez UniCredit, le groupe semblant plutôt orienté vers un recentrage sur la banque de détail. Mais si Jean-Pierre Mustier a accepté cette direction, ce n’est pas pour faire de la figuration», commente un analyste français. Pas question pour la banque italienne de se désengager sur ce segment. Cette dernière souhaite au contraire valoriser cette division. Surtout en direction des clients «corporate», alors que depuis deux ans elle a réduit ses activités de courtage pur. UniCredit compte près de 400.000 clients entreprises.
Sa division banque de financement et d’investissement, qui emploie 16.400 personnes, a enregistré sur les 9 premiers mois de 2010 un produit net bancaire de 7,7 milliards d’euros, soit une baisse de 9% par rapport à la même période de l’an dernier Avec des dépréciations et des provisions de 2,6 milliards d’euros (contre 3,3 milliards d’euros sur 9 mois en 2009), le pôle a dégagé un bénéfice net avant impôt de 2,4 milliards (+29,7%).
«Ces résultats sont inférieurs par rapport à la période pré-crise, même s’ils sont en progression depuis deux ans. Reste que d’autres banques ont récupéré plus rapidement par rapport à UniCredit. L’arrivée de Jean-Pierre Mustier devrait conduire à une amélioration de la rentabilité de cette division, qui représente aujourd’hui près de la moitié du groupe en terme de résultats. Mais je ne vois pas de changement radical de stratégie», indique un analyste italien. Même sentiment chez un autre analyste, qui estime pour sa part que les activités de cette division devraient s’orienter davantage vers l’Europe centrale. Avec un recul des activités en Italie, attendu pour 2010, le groupe espère visiblement compenser avec sa BFI.
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