JC Flowers révise ses ambitions pour le courtier en assurance CEP

Le spécialiste français de l’assurance emprunteur a adressé une demande de «waiver» à ses créanciers. Il pâtit de la baisse des ventes de logements
Alexandre Garabedian

JC Flowers fait les frais du retournement du marché immobilier en France. Le fonds américain, qui avait racheté à PAI Partners en 2011 les deux tiers de la Compagnie européenne de prévoyance (CEP) aux côtés des dirigeants pour environ 850 millions d’euros, a entamé une tournée des créanciers. Objectif: desserrer les contraintes financières pesant sur le courtier en assurances. Selon plusieurs sources financières, il a ainsi adressé aux créanciers du groupe une demande de «waiver» sur les covenants de la dette de CEP, alors que la société sous LBO n’apparaît plus en mesure de respecter les clauses d’endettement maximum figurant dans ses contrats de prêts. Lazard épaule JC Flowers dans cette démarche.

CEP proposerait une commission d’amendement de 67 points de base pour que les créanciers acceptent de changer les covenants, et une hausse de marge de 87 pb. JC Flowers avait monté une dette d’environ 500 millions d’euros mi-2011 avec des marges de 400 à 450 points de base suivant les tranches. Un financement arrangé à l’époque par Credit Suisse et Nomura. Banca Imi, Bawag et Macquarie avaient aussi participé à l’opération.

«CEP reste une très belle société, son business model n’est absolument pas en cause», confie un banquier. Le courtier, qui réalisait une centaine de millions d’euros de chiffre d’affaires lors de son rachat, est leader de l’assurance emprunteur en France. Il s’est spécialisé sur les contrats groupe vendus par les banques. Même si la loi Lagarde de 2011 a favorisé le développement de contrats individuels – où un client assure son prêt ailleurs que chez la compagnie de sa banque –, CEP se serait adapté à cette nouvelle donne.

En revanche, le plan d’activité avait été bâti sur une stabilité du marché immobilier français, et non sur son effondrement: le nombre de transactions dans l’ancien a plongé de 22% sur un an à fin janvier 2013, et la chute est encore plus importante dans le neuf, selon les statistiques des notaires.

CEP, qui capte une partie des primes d’assurance versées chaque mois par les emprunteurs, a la chance de vivre sur un stock important grâce aux millésimes de prêts engrangés les années précédentes. «Les valorisations faites en 2011 montraient que même gérée en extinction, l’entreprise restait intéressante pour un actionnaire», souligne une autre source. Mais la faiblesse des flux nouveaux ne lui permet plus de dégager un Ebitda suffisant.

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