Janet Yellen réitère le caractère très progressif des hausses de taux
La présidente de la Fed a indiqué hier à la Chambre des représentants que la banque centrale n’a plus beaucoup de chemin à faire avant d’atteindre le taux neutre.
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Patrick Aussannaire
Janet Yellen, présidente du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale des États-Unis.
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Photo Fed.
L’audition semestrielle de Janet Yellen par la commission des services financiers de la Chambre des représentants américaine aura animé les marchés. En déclarant que la Fed ne devrait pas avoir besoin de relever le niveau des taux Fed funds «encore tant que cela» pour atteindre les estimations actuelles basses du taux neutre, sa présidente a entraîné une correction hier après-midi. Le rendement des Treasuries se détendait de 5 pb pour revenir à 2,3%, entraînant les taux européens dans son sillage. Malgré un rebond de 25 pb depuis le durcissement de ton de la BCE, de la BoE et de la Banque du Canada (qui a monté ses taux hier pour la première fois en sept ans), le taux 10 ans américain reste loin de son point haut de 2,63% atteint mi-mars. Le dollar a chuté de 7% face aux devises du G7 cette année.
La publication des minutes de la dernière réunion du FOMC la semaine dernière avait déjà réveillé les craintes de certains membres sur la poursuite de la hausse des taux directeurs compte tenu de la faiblesse récente de l’inflation. Les investisseurs, eux, s’interrogent sur un possible ralentissement du rythme de hausse des taux après le lancement du processus de réduction de la taille du bilan de la Fed, qui pourrait débuter en septembre. Le marché des Fed funds table ainsi sur une seule hausse des taux par an aux mois de décembre 2017, 2018 et 2019, ce qui les porterait à un niveau de 2% fin 2019, encore loin du stade final du cycle estimé à 2,75%. Janet Yellen a rappelé que l'économie américaine est assez robuste pour absorber des hausses de taux et que la baisse de l’inflation est jugée temporaire.
Dans ce contexte, les investisseurs suivront attentivement l’évolution de l’inflation américaine sur fond d’amélioration constante du marché du travail aux Etats-Unis, et notamment de l’indice sous-jacent. «S’il progresse comme attendu, cela devrait rassurer, et soutenir le dollar, d’autant qu’il semble trop faible par rapport au spread entre le taux 10 ans américain et ceux des pays du G10», estime Natixis.
L’économie américaine profite à plein du récent changement de ton de la BCE qui semble préparer les marchés à l’annonce d’un recalibrage du programme d’achat d’actifs dès le mois de septembre, mais aussi du renforcement des attentes d’une hausse des taux britanniques par la BoE.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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