Jamie Dimon assume en la relativisant l’erreur de trading de JPMorgan
D’ordinaire, les intervenants devant la commission bancaire du Sénat américain cherchent à se défendre tout en indiquant qu’ils comprennent bien la gravité de la situation. Mais pour Jamie Dimon, le directeur général de JPMorgan, il en a été autrement. Le dirigeant a montré mépris et irritation tout au long de son intervention hier.
Jamie Dimon était appelé à s’expliquer sur une perte de trading survenue au deuxième trimestre se chiffrant à deux milliards de dollars. Il n’a pas nié les faits. «Lorsque des erreurs sont faites, il faut prendre cela au sérieux et réagir fermement» a-t-il dit. Jamie Dimon n’a toutefois pas caché un certain agacement lorsque la discussion est allée plus en profondeur comme pour souligner la méconnaissance des mécanismes financiers de la part de ses interlocuteurs. Il a tenu à indiquer qu’il s’agissait avant tout d’un problème de management et non de maitrise du risque et a défendu d’une manière générale les grands établissements financiers internationaux, estimant qu’ils jouaient un rôle clé pour dynamiser l’économie mondiale.
Le débat est ensuite devenu plus politique lorsque les questions de régulation du secteur bancaire ont été évoquées. Le dirigeant de JPMorgan s’est en effet alors montré plus virulent et caustique, assurant qu’il n’était pas contre de nouvelles mesures mais qu’il s’opposait à plus de régulation et aux mesures contraignantes et inefficaces.
Si finalement les observateurs n’ont rien appris de nouveau concernant l’erreur de trading monumentale, communément appelée l’affaire de la «baleine de Londres», les investisseurs ont estimé que la prestation de Jamie Dimon était plutôt convaincante puisque le titre JPMorgan Chase s’est inscrit à la hausse et même parmi les plus fortes progressions de l’indice Dow Jones dans un marché baissier. Mais Jamie Dimon n’a pas convaincu tout le monde. Le célèbre présentateur de la chaine CNBC, Jim Cramer, connu pour son franc-parler, a qualifié Jamie Dimon de perdant. «Lorsque vous perdez deux milliards de dollars, que vous n’avez aucune idée de ce qui se passe dans votre banque et que vous devez aller vous expliquer devant la commission bancaire du Sénat à Washington, vous êtes un perdant» a-t-il asséné.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter