Jamie Dimon assume en la relativisant l’erreur de trading de JPMorgan
D’ordinaire, les intervenants devant la commission bancaire du Sénat américain cherchent à se défendre tout en indiquant qu’ils comprennent bien la gravité de la situation. Mais pour Jamie Dimon, le directeur général de JPMorgan, il en a été autrement. Le dirigeant a montré mépris et irritation tout au long de son intervention hier.
Jamie Dimon était appelé à s’expliquer sur une perte de trading survenue au deuxième trimestre se chiffrant à deux milliards de dollars. Il n’a pas nié les faits. «Lorsque des erreurs sont faites, il faut prendre cela au sérieux et réagir fermement» a-t-il dit. Jamie Dimon n’a toutefois pas caché un certain agacement lorsque la discussion est allée plus en profondeur comme pour souligner la méconnaissance des mécanismes financiers de la part de ses interlocuteurs. Il a tenu à indiquer qu’il s’agissait avant tout d’un problème de management et non de maitrise du risque et a défendu d’une manière générale les grands établissements financiers internationaux, estimant qu’ils jouaient un rôle clé pour dynamiser l’économie mondiale.
Le débat est ensuite devenu plus politique lorsque les questions de régulation du secteur bancaire ont été évoquées. Le dirigeant de JPMorgan s’est en effet alors montré plus virulent et caustique, assurant qu’il n’était pas contre de nouvelles mesures mais qu’il s’opposait à plus de régulation et aux mesures contraignantes et inefficaces.
Si finalement les observateurs n’ont rien appris de nouveau concernant l’erreur de trading monumentale, communément appelée l’affaire de la «baleine de Londres», les investisseurs ont estimé que la prestation de Jamie Dimon était plutôt convaincante puisque le titre JPMorgan Chase s’est inscrit à la hausse et même parmi les plus fortes progressions de l’indice Dow Jones dans un marché baissier. Mais Jamie Dimon n’a pas convaincu tout le monde. Le célèbre présentateur de la chaine CNBC, Jim Cramer, connu pour son franc-parler, a qualifié Jamie Dimon de perdant. «Lorsque vous perdez deux milliards de dollars, que vous n’avez aucune idée de ce qui se passe dans votre banque et que vous devez aller vous expliquer devant la commission bancaire du Sénat à Washington, vous êtes un perdant» a-t-il asséné.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE donne rendez-vous pour une hausse de taux en juin
Alors que les marchés font déjà une large partie du travail de durcissement des conditions financières en anticipant trois hausses de taux cette année, la présidente Christine Lagarde a insisté sur la nécessité d’une "fonction de réaction" de la BCE face à l’inflation. Elle a seulement évité d’ajouter «quelle que soit la suite». -
Les gérants maintiennent leur allocation défensive
Les actions pèsent toujours 48 % des portefeuilles, tandis que l’obligataire progresse d'un point à 43 %, au détriment de la poche de liquidités à 3 % (-1 point). -
Le Who’s Who des patrons de la Big Tech IA en France
Les start-up américaines spécialistes de l’intelligence artificielle générative ont toutes ouvert des bureaux dans l’Hexagone dirigés par des Français. Telle Open AI, qui vient de nommer Emmanuel Marill à la tête de la zone EMEA.
ETF à la Une
iShares lance quatre ETF en lien avec le mouvement de démondialisation
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
Trump veut augmenter les droits de douane à 25 % sur les véhicules importés aux Etats-Unis depuis l'UE
Se disant mécontent de voir l’UE ne pas respecter l’accord commercial conclu l’été dernier, Donald Trump a menacé de relever à 25 % les droits de douane sur les véhicules importés aux Etats-Unis. Et ce, dès la semaine prochaine -
Sur l'Iran, Donald Trump contourne le Congrès en affirmant que les hostilités sont « terminées »
Donald Trump a indiqué qu’il pouvait se passer du feu vert du Congrès pour la guerre en Iran. Normalement, au bout de soixante jours de conflit, l’exécutif américain doit obtenir une autorisation parlementaire -
Du pareil au mêmePrésidentielle : au meeting du 1er mai, Marine Le Pen et Jordan Bardella mettent en scène leur entente
Réunis pour leur dernier meeting avant la décision attendue de la cour d'appel de Paris le 7 juillet, les deux voix du RN ont mis à l'honneur les travailleurs, en veillant à gommer tout soupçon de divergences sur la ligne économique du parti