Investisseurs et chefs d’entreprise à nouveau vent debout contre Bercy
Bercy donne encore des sueurs froides aux dirigeants de PME et aux investisseurs individuels qui les soutiennent. En cause, le projet de circulaire sur les sociétés holdings animatrices. Plusieurs sources ont confirmé à L’Agefi que l’administration fiscale entendait resserrer les conditions d’octroi de ce statut, qui donne droit à des exonérations d’impôt, confirmant les informations parues hier dans les Echos.
La notion de holding animatrice, définie par le législateur dans le cadre du dispositif ISF PME, est floue : elle «s’entend d’une société qui, outre la gestion d’un portefeuille de participations, participe activement à la conduite de la politique de leur [sic] groupe et au contrôle de leurs [sic] filiales et rend, le cas échéant, des services spécifiques». Or, «le sujet est fondamental : la plupart des sociétés familiales, ainsi que certains business angels et fonds d’entrepreneurs, sont organisés ainsi», précise un avocat.
Bercy veut clarifier le texte, qui a pu conduire à des abus, comme des contrats de services artificiels. Une holding serait animatrice si ses participations majoritaires représentaient plus de la moitié de son actif brut et si elle était actionnaire de référence avec au moins 25% des droits de vote de chacune d’elles. Elle devrait aussi déterminer les décisions stratégiques du groupe. Le texte aurait également un effet rétroactif de trois ans. Une cascade de redressements serait à craindre.
Pour ses détracteurs, la nouvelle mouture est disproportionnée et reflète une ignorance du monde de l’entreprise. «Dans beaucoup de sociétés très dynamiques, les entrepreneurs ont choisi de lever des fonds et de perdre leur majorité au capital, pour accélérer la croissance de leur entreprise. Il faudrait les en punir ?», conteste Louis Godron, président de l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic). Autre défaut, le contrôle conjoint ou la co-animation (entre la holding d’un actionnaire financier et celle d’un dirigeant minoritaire, par exemple) sont exclus – alors que cette situation est fréquente.
Ce «nouveau bouleversement fiscal» est «en totale contradiction avec les engagements pris par le gouvernement depuis les assises de l’entrepreunariat en 2013», affirme Louis Godron. Reste à connaître la forme définitive du texte qui sortira des discussions en cours. Une première version datée du 7 février, encore plus stricte, avait provoqué une levée de boucliers du Medef.
Plus d'articles du même thème
-
Prépar-Vie sélectionne une plateforme technologique pour ses opérations d’investissement front-to-back
L'opération doit permettre à l'assureur de simplifier ses opérations d’investissement et de rationaliser le reporting de son actif général et de ses investissements en unités de compte au sein d’une plateforme unique. -
L'enquête interne de Malakoff Humanis éclaire le rôle d'un intermédiaire dans sa délégation de gestion
La société de conseil Thomas Vendôme Investment a obtenu contractuellement plus de 22 millions d'euros de commissions de la part de gérants retenus par Malakoff Humanis, selon de nouveaux documents révélés par Mediapart. -
Le marché obligataire envoie un sérieux avertissement à la France
A la veille de la présentation du budget, l’écart entre le rendement de l’OAT 10 ans et celui du Bund de même maturité a bondi à 127 points de base, pour la première fois depuis 2012, dépassant les scénarios redoutés par les stratégistes.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- L’inquiétante correction des marchés de taux
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Contenu de nos partenaires
-
Sublimer l’infiniment petit
Pour une Maison fondée en 1755, la préservation des savoir-faire pourrait consister à regarder vers le passé. Chez Vacheron Constantin, c’est tout l’inverse. La manufacture genevoise les met à l'épreuve, tout en les confrontant à de nouveaux terrains d’expression. -
Légende noire« Il reste une empreinte idéologique assez forte d’Alain Soral sur le Rassemblement national »
Antisémitisme, virilisme et conspirationnisme : le politiste décrypte l’influence qu’a eue le polémiste antisémite sur Jordan Bardella dans ses jeunes années au Front national -
Ses mains ont la parole
C’est en Suisse, à la Fabrique du Temps de Louis Vuitton qui participe notamment aux Journées Particulières, qu’un émailleur aux mains d’or perpétue des traditions séculaires.