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Il est possible de naviguer dans une «quasi-bulle» de l’IA
Un krach boursier lié à l’IA constitue le principal risque de cette nouvelle année. L’enquête de Bank of America auprès des gérants de fonds mondiaux de décembre 2025 indiquait que 38 % des investisseurs considèrent une «bulle IA» comme le plus grand «risque extrême». C'était moins qu’en novembre (45 %) mais cela reste le risque le plus fréquemment cité. Or, paradoxalement, il n’y a pas de consensus fort sur le fait que les valorisations de la tech américaine seraient devenues excessives.
Le multiple de prix sur bénéfices (PE) prospectifs des valeurs populaires actuelles (27 fois) est loin d'être aussi élevé que ceux des précédentes bulles, comme celle des TMT de 2000 (52 fois), de la finance japonaise de 1989 (67x) ou des «Nifty-Fifty» du début des années 70 (34 fois) lorsqu’un groupe d’actions américaines, Walmart, McDonalds, Procter & Gamble, IBM…, était très prisé car perçu comme des valeurs sûres, à croissance séculaire, que l’on pouvait acheter et conserver indéfiniment (cela ne semble-t-il pas familier ?).
Le multiple de bénéfices à terme du secteur technologique du S&P 500 est resté stable en 2025 (légèrement en recul même, grâce à de solides résultats), tandis que l’indice s’est revalorisé de 21,4 fois à 22,5 fois à mesure que le reste du marché commençait à combler son retard.
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Nous ne nions pas que les valorisations semblent élevées pour les actions, notamment aux États-Unis, mais nous résistons à la conclusion simpliste selon laquelle cher signifie instable ou insoutenable. Une grande partie de la prime actuelle du marché américain est justifiée par la qualité supérieure de ses composantes et par un glissement sectoriel significatif vers la technologie. Dans ce contexte, le multiple du S&P 500 en titre est autant un artefact de ce qu’est devenu l’indice qu’une mesure de la spéculation.
Données historiques rassurantes
Si jamais les marchés devaient corriger violemment, les données historiques rassurent : elles montrent un schéma clair de rotation des leaders lorsqu’une bulle éclate. Au début des années 2000, les rendements mondiaux ont été portés par les marchés émergents, les matières premières et les valeurs décotées. Dans les années 1970, les actifs réels et certaines valeurs cycliques ont mieux résisté au choc inflationniste que les franchises de croissance à hauts multiples des Nifty Fifty. Durant la phase de dégonflement, les secteurs défensifs tels que la consommation courante, la santé et les services aux collectivités ont tendance à moins baisser, voire à surperformer, amortissant les pertes des portefeuilles.
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Selon nous, 2026 récompensera donc les investisseurs qui traitent le «risque de bulle» comme une raison de diversifier leurs expositions, et non comme une raison d’abandonner le risque actions. Cette stratégie préserve non seulement le potentiel de rendement, mais peut également renforcer les portefeuilles contre la volatilité si le leadership de l’IA venait effectivement à fléchir.
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