IKKS inquiète ses créanciers
Les doutes s’accumulent autour d’IKKS, la société de «haut de gamme accessible» dans le prêt-à-porter acquise par le fonds LBO France en 2015. Ses obligations à échéance juillet 2021 ont chuté à un niveau record à la baisse hier, perdant jusqu’à 16 centimes, à 44 centimes pour un euro, suite au report de la publication des comptes 2017 d’IKKS, prévue le matin même. Celle-ci se fera, en même temps que les comptes du premier trimestre 2018, le 28 mai prochain.
IKKS explique ce report par la poursuite de l’audit de ses comptes, sans aller plus loin. «Il nous est impossible de connaître les points liés à l’audit en cours. Toutefois, à la lumière des récentes informations faisant état de discussions entre IKKS et ses prêteurs pour obtenir des liquidités supplémentaires, nous pensons que les auditeurs pourraient éprouver des difficultés à approuver les comptes sur la base du principe de continuité d’activité sans apport de nouvelles liquidités», écrit l’analyste de Bank of America Tom Gibney, dans une note. L’existence de négociations entre les créanciers et la société a été confirmée à L’Agefi, à une période où les sociétés du secteur de l’habillement négocient l’achat de textile pour leurs collections.
Ce n’est pas la première fois qu’IKKS éprouve des difficultés à assumer ses échéances. Fin 2016, le groupe avait obtenu de ses prêteurs une remise à plat de la clause associée à sa facilité de crédit renouvelable. En décembre 2017, Fitch a placé sa note de crédit (CCC, huit rangs sous la catégorie investment grade) sous surveillance négative, estimant que l’entreprise devra renégocier avec ses prêteurs pour éviter de nouvelles ruptures de clauses de ses contrats de crédit, voire un défaut, dès 2018, en particulier sur ses obligations senior garanties. IKKS montrait à l’époque «une marge de manœuvre limitée pour payer environ 11 millions d’euros en numéraire à la mi-janvier» et affichait «une situation de liquidité floue pour la suite, étant donné sa génération de flux de trésorerie plus faible et des engagements de financement totalement utilisés».
Hausse des ventes en ligne
IKKS a toutefois publié hier des résultats préliminaires. Son chiffre d’affaires s’est stabilisé à 348,6 millions d’euros en 2017 (+0,8% par rapport à 2017), pour un Ebitda d’environ 40,7 millions (soit une marge de 11,7%). Pour le premier trimestre 2018, la société fait état d’un chiffre d’affaires en hausse de 3,6% à 89 millions d’euros. Au cours de cette période, les ventes en ligne ont bondi de 21%, selon des éléments communiqués aux investisseurs.
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