ICE renforce son assise sur le marché asiatique des dérivés
ICE joue sur tous les terrains. Une semaine après avoir bouclé le rachat de Nyse Euronext, il a conclu mardi une nouvelle opération de croissance externe en Asie. Le groupe d’Atlanta a signé le rachat du Singapore Mercantile Exchange (SMX) pour 150 millions de dollars (110 millions d’euros) en numéraire. Lancée en 2010, la plate-forme œuvre sur le terrain des dérivés de matières premières et de devises.
Le SMX compte parmi ses produits phares des futures sur eurodollar, sur cuivre et sur le minerai de fer basés sur l’indice MBIO (Metal Bulletin Iron Ore Index). Son volume d’affaires a progressé en 2012 à plus de 2 millions de contrats échangés pour un total de 71 milliards de dollars, mais reste encore modeste.
L’opération a été favorisée par les déboires du propriétaire du SMX, le groupe coté indien Financial Technologies. Ce dernier, qui a bâti un réseau de neuf plates-formes à travers le monde (Inde, Dubaï, Singapour, Afrique, île Maurice, Bahreïn), a été épinglé par le régulateur boursier indien au sujet de certains produits dérivés de matières premières offerts sur sa plate-forme National Spot Exchange. Le titre Financial Technologies a chuté de 83% sur les douze derniers mois.
Pour ICE, l’enjeu consiste à sécuriser une position sur le marché asiatique, où il dispose déjà d’un bureau commercial à Singapour. Principal avantage du SMX : son modèle intégré puisque la plate-forme dispose de sa chambre de compensation (SMX Clearing Corporation) et de sa propre licence de trading. L’Asie compte pour 15% à 20% du volume de dérivés négociés au niveau mondial, le reste se répartissant à parts égales entre l’Amérique du Nord et l’Europe, selon les données de la Futures Industry Assocation.
En parallèle aux déboires judiciaires récents du Hong Kong Mercantile Exchange, les initiatives se multiplient tous azimuts dans le secteur, en particulier sur le terrain de la compensation. Deutsche Börse envisage de mettre sur pied une chambre de compensation de dérivés basée à Singapour, tandis que Hong Kong Exchanges & Clearing a reçu les autorisations réglementaires pour lancer OTC Clear, un service de compensation des dérivés de gré à gré lancé avec le soutien de douze autres actionnaires. Singapore Exchange (SGX), de son côté, a dévoilé le mois dernier un accord de coopération avec le Shanghai Futures Exchange portant sur des développements conjoints dans le domaine des dérivés de matières premières en Chine et à Singapour.
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