Icap fait le pari risqué de la transparence sur le marché des changes
Il s’agit selon Icap de renforcer le marché des changes en améliorant l’intégrité et la transparence des transactions. En l’occurrence, le principal courtier interbancaire au monde a fait part de modifications techniques devant entrer en vigueur le 17 septembre concernant sa plate-forme de trading électronique EBS. L’initiative d’Icap a en réalité pour origine le mécontentement de ses principaux clients, les banques, face au comportement jugé agressif et perturbateur des négociateurs à haute fréquence. Dans ce combat entre capacités d’action humaines et artificielles, Icap a choisi d’affaiblir ces dernières, sans les nommer naturellement et en mettant en avant la volonté d’un meilleur fonctionnement d’EBS.
Icap insiste sur la consultation menée pendant trois mois auprès de ses clients. Pas moins de onze représentants de banques sont cités dans le communiqué du courtier britannique. Alors que les représentants de Deutsche Bank, Goldman Sachs ou UBS saluent l’esprit de «collaboration» dont a fait preuve Icap, celui de BNP Paribas veut croire que l’initiative ne pourra que renforcer la «confiance» envers la plate-forme.
Concrètement, Icap va modifier la granularité des cotations, à savoir supprimer, un an seulement après sa mise en place, la cinquième décimale sur le cours relatif des paires stratégiques de devises. Le courtier va également réduire la part d’intentions d’ordres ne se traduisant pas effectivement en transactions car elles n’ont pour objet que de sonder le marché afin là encore de profiter d’éventuelles inefficiences instantanées. De quoi rendre la quête de gain plus âpre pour les traders à haute fréquence.
Icap, qui selon le patron d’EBS entend «encourager la véritable liquidité», se lance ainsi dans un pari risqué, misant sur la relation de confiance qu’il doit impérativement nourrir avec les banques sans pouvoir éviter une baisse d’activité en provenance des traders à haute fréquence. Mais le courtier se devait de réagir après que les banques malmenées ont été incitées à mettre en œuvre des projets concurrents d’EBS. Celui initié par le suisse Tradition, attendu en fin d’année, a reçu le soutien de cinq banques d’investissement en faisant vœu de permettre «une exécution équitable pour tous».
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