Henri de Castries devient conseiller spécial du fonds américain General Atlantic
Henri de Castries, qui, après avoir quitté formellement Axa en septembre 2016, avait été l’un des piliers du dispositif de campagne de François Fillon, jusqu’à l’échec de celui-ci au premier tour de l’élection présidentielle, a retrouvé une activité. Il a annoncé sa décision de rejoindre le fonds américain General Atlantic, dont il sera le président pour la région Europe, depuis Paris, bureau nouvellement créé. Le fonds dispose en Europe d’implantations à Munich, Amsterdam et Londres, mais n’en avait pas ouvert jusqu’à maintenant dans la capitale française. L’ancien patron d’Axa sera en outre conseiller spécial du fonds, pour l’ensemble de sa stratégie d’investissement, selon un communiqué du fonds. «Il participera à l’évaluation des opportunités d’investissement» dans le monde entier, selon les dirigeants de General Atlantic.
Coïncidence, General Atlantic, a annoncé une participation importante au nouveau tour de table de la plate-forme de bricolage ManoMano (lire par ailleurs).
General Atlantic investit dans des sociétés en croissance, prenant des participations minoritaires, dans une optique de long terme, mais se refuse à financer des LBO, contrairement à la plupart des fonds. Le fonds dirigé par Bill Ford se concentre sur des secteurs comme les nouvelles technologies et la santé, mais suit aussi de près la finance et la grande consommation. Au total, il a investi dans 250 entreprises, et la valeur de son portefeuille atteint 21 milliards de dollars. En Europe, où il intervient depuis le début des années 90, il a investi 6,6 milliards d’euros. Il a pris des parts notamment dans Flixbus, Santander AM, Hyperion, Saxo Bank, Delivery… Aux Etats-Unis, il a des participations dans Uber, Airbnb... Les sommes investies vont de 50 à 400 millions de dollars par entreprise.
General Atlantic emploie au total 200 personnes, contre 120.000 pour le groupe Axa qu’Henri de Castries dirigeait auparavant. Interrogé sur ce contraste par le Financial Times, l’ancien patron du deuxième assureur européen répond qu’il «ne ressent pas le besoin de diriger une grande entreprise». Quant à la carrière politique qu’il aurait aimé mener – en cas de victoire de François Fillon, il aurait obtenu un poste important au sein du gouvernement, selon l’entourage de l’ancien candidat – il déclare «que la politique n’a jamais été sa principale option».
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