Goldman Sachs contourne la règle Volcker avec un fonds de dette coté
Le projet a pris corps. Pour financer les entreprises américaines non notées, Goldman Sachs va lancer un fonds coté. Révélé par Reuters fin janvier, Goldman Sachs Liberty Harbor Capital a sollicité vendredi l’autorisation de la Securities and Exchange Commission (SEC) pour devenir une business development company.
Ce type de véhicule coté, souvent utilisé par des fonds immobiliers, permettra dans ce cas précis d’investir, via des titres liquides, dans des obligations de PME non couvertes par les agences de notation. Décrit comme «très risqué et hautement spéculatif» dans le document déposé à la SEC, ce fonds compte prendre le relais des prêts bancaires, pénalisés par Bâle 3. Il doit aussi permettre à Goldman Sachs de contourner la règle Volcker qui va restreindre très fortement les engagements pris par les banques américaines sur leurs fonds propres.
Par anticipation, nombre d’entre elles se sont déjà séparées d’équipes de capital-investissement et de gestion alternative. Les règles définitives n’étant pas encore effectives, la firme de Wall Street a sponsorisé Goldman Sachs Liberty Harbor Capital pour un montant non précisé. Le fonds compte également bénéficier du statut de «société émergente de croissance» créé l’an dernier par une loi américaine sur les start-up.
Né en septembre dernier sous la forme d’une société à responsabilité limitée, il a démarré ses activités en novembre. A fin février, il avait déjà investi 72,7 millions de dollars (56,7 millions d’euros) dans huit sociétés. Ses cibles ont un Ebitda (excédent brut d’exploitation) compris entre 5 millions et 75 millions de dollars. Goldman Sachs Harbor Capital veut investir, avec ou sans levier, dans des instruments de dette sécurisée ou non (mezzanine, etc.), voire en capital. Il prendra des tickets de 5 millions à 50 millions de dollars, pour une durée de trois à dix ans.
L’équipe en charge de ce véhicule a rejoint Goldman Sachs en 2006. Filiale de Goldman Sachs Asset Management, elle gérait fin janvier environ 5 milliards de dollars sous la marque Liberty Harbor. Depuis le départ de son précédent patron fin janvier, elle est dirigée selon Bloomberg par Raanan Agus, le co-responsable du hedge fund Goldman Sachs Investment Partners.
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