Goldman Sachs cherche à reconquérir les flux clients sur le marché obligataire
Les banques d’investissement défendent leur pré carré. En réponse à l’initiative lancée par BlackRock, Goldman Sachs prépare le lancement d’une plate-forme de trading sur le marché des obligations d’entreprises et des CDS qui lui permettra de facturer des commissions plus attractives à ses clients. Baptisée «GSessions», cette plate-forme a été développée depuis un an par les équipes de la banque américaine et pourrait être mise en service dès la fin du mois. Elle vise à mettre en relation ses différents clients pour qu’ils puissent traiter directement les uns avec les autres sans passer par des intermédiaires pour des montants importants par le biais d’échanges croisés, selon des sources concordantes. «Les obligations d’entreprises et les CDS ne sont pas traités électroniquement, contrairement à certains autres produits à terme», indique une source interrogée par Reuters.
Il s’agirait d'échanges qui resteraient circonscrits à des sociétés notées en catégorie investissement et à une seule société par jour notée en catégorie spéculative, selon le Wall Street Journal. En fonction de l’intérêt manifesté par les intervenants, Goldman Sachs pourrait ensuite étendre son champ d’intervention.
De nombreuses banques d’investissement utilisent déjà des plates-formes telles que MarketAxess ou Tradeweb, mais chercheraient à suivre l’exemple d’UBS, qui bénéficie déjà de sa propre plate-forme, Price Improvement Network. «Historiquement, la demande n’a jamais été aussi importante… C’est surtout vrai pour les petits ordres», explique Paul Hamill, responsable des activités de trading de la banque suisse, au Wall Street Journal. Et le quotidien d’ajouter de sources proches du dossier que Morgan Stanley envisagerait également de lancer sa propre plate-forme.
Ces initiatives constituent une tentative d’adaptation aux conditions de marché ainsi qu’au nouvel environnement réglementaire qui prive les banques d’investissement de revenus très lucratifs sur les activités d’intermédiation et augmente le coût des opérations de trading. Une brèche dans laquelle s’est engouffrée BlackRock qui cherche à capter les flux des intermédiaires historiques du marché obligataire. Les revenus de Goldman Sachs tirés des activités de trading sur taux, change et matières premières ont chuté de 20% en un an au premier trimestre, à 3,46 milliards de dollars.
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