Gide Loyrette Nouel et Veil Jourde renoncent à leur projet de fusion
Les cabinets d’avocats d’affaires Gide Loyrette Nouel et Veil Jourde ont arrêté leurs discussions en vue d’une fusion. Un accord n’a pu être trouvé sur les modalités d’un tel rapprochement. «Il s’est avéré compliqué d’aboutir à un accord en vue d’une fusion du fait de notre différence de taille, d’homogénéiser nos offres à la clientèle. Gide est l’un des premiers cabinets français et assume le coût d’une présence internationale, alors que notre structure légère s’apparente à une «boutique haute couture» du droit», explique à L’Agefi Jean Veil, associé et fondateur de Veil Jourde.
De fait, l’opération envisagée était loin d’être une fusion entre égaux.Veil Jourde compte 40 avocats et a réalisé 17 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012. De son côté, Gide Loyrette Nouel dispose de 650 avocats dont 350 à Paris et de 18 bureaux à l’international. Son chiffre d’affaires s’est élevé en 2012 à 190 millions d’euros, dont 134 millions en France.
Cependant, ce fleuron français traverse une période difficile. Pas moins de six associés ont quitté le cabinet depuis le début de l’année. Par ailleurs, son chiffre d’affaires stagne en France, sur fond de crise économique et de concurrence exacerbée. Face à cette situation, Gide a décidé de se lancer dans une opération de croissance externe, pour la première fois de son histoire. «Nous avions souhaité nous rapprocher de Veil Jourde pour nous renforcer sur le marché français, notamment dans le contentieux», explique Stéphane Puel, l’associé-gérant de Gide. Les discussions ont été facilitées au départ par le fait que Jean Veil, âgé de 66 ans, a longtemps travaillé chez Gide, avant de créer son cabinet en 1990. Depuis, Veil Jourde s’est illustré à travers de nombreuses affaires, en représentant notamment la Société Générale contre Kerviel, et actuellement Jérôme Cahuzac. Se rapprocher de Gide lui aurait permis d’être présent à l’étranger, à l’heure où les entreprises s’internationalisent, et d’assurer sa pérennité. «Nous allons continuer d’envisager toutes les opportunités permettant d’améliorer nos services à notre clientèle», indique Jean Veil.
De son côté, Gide continue de miser sur une opération de croissance externe. «Nous travaillons à d’autres opportunités significatives qui devraient aboutir avant la fin de l’année. Nous voulons participer au mouvement de consolidation du marché français du droit des affaires», déclare Stéphane Puel.
Plus d'articles du même thème
-
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit une revue des actions du secteur dans la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- Les marchés se préparent à un discours ferme de la BCE
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
Contenu de nos partenaires
-
Vive nous !Quand le géant américain KKR fait l'éloge de l'Europe
La société d'investissement a identifié des vents porteurs et des opportunités intéressantes sur le Vieux continent. Tour d'horizon -
AnniversaireDroits de douane : un an après Turnberry, le chaos et la résilience
Donald Trump vient de lancer d’énièmes menaces douanières contre les Européens. Ces tensions récurrentes n’ont pas mis à l’arrêt le commerce transatlantique -
Série d'étéMoi, Dominique Schelcher, président : « Je consacrerais un droit à l’insouciance pour tous les jeunes de France »
SERIE. Le patron de la coopérative de distribution U s’est glissé pour l’Opinion dans la peau du locataire de l’Elysée. Il livre à ses concitoyens un plaidoyer pour la jeunesse