François Pérol tranche dans le vif chez Natixis Factor
Le coup de torchon parmi les anciens dirigeants de Natixis Factor a suscité quelques vagues au sein de BPCE, maison mère de la société. Au point d’être évoqué par les présidents et dirigeants des Caisses d’Epargne et Banques Populaires du groupe. En octobre, BPCE s’était séparé de Jérôme Lacaille, directeur général de Natixis Factor, et de Philippe Petiot, ex-patron de la filiale d’affacturage, qui avait pris le poste de directeur général délégué du Crédit Foncier le 1er septembre 2013. Ce dernier a quitté ses fonctions pour faute lourde, sans indemnités, a appris L’Agefi.
C’est François Pérol en personne, le président de BPCE, qui a demandé ce départ. Tout est parti, selon une source proche du dossier, d’un «problème de relation client» au sein de la filiale d’affacturage, remontant à l’époque où Philippe Petiot en était le directeur général. Il est notamment reproché à ce dernier d’avoir tardé à prendre la mesure du problème et à en informer Laurent Mignon, le directeur général de Natixis. Saisie du sujet, l’inspection générale de BPCE aurait rendu dans un rapport des conclusions défavorables à l’ex-dirigeant du factor. Sur proposition de François Pérol, le conseil d’administration du Crédit Foncier a révoqué le DG délégué. Grâce aux mesures correctrices prises dans foulée, un litige avec le client en question a pu être évité, et l’affaire n’aurait donc pas causé à Natixis de préjudice financier.
«La brutalité de la décision a choqué certains dirigeants en région», confie une source interne. Une analyse qui n’est évidemment pas partagée au sommet du groupe. Le conseil d’administration du Crédit Foncier, qui compte 16 membres dont 5 représentants des Caisses d’Epargne et autant des Banques Populaires, a voté à l’unanimité. «L’intérêt du client passe avant tout. Il faut être cohérent», indique un proche du dossier.
Derrière le cas Natixis Factor pointe la tentation, chez certains dirigeants en région, de réaffirmer leur pouvoir face à François Pérol. La situation s’y prête: ce dernier est menacé de renvoi en correctionnelle sur les conditions de sa nomination à la tête de BPCE lors de la création du groupe en 2009. Celle-ci s’était accompagnée d’une centralisation des pouvoirs, motivée par l’urgence à redresser les comptes en pleine crise financière.
«On sent depuis quelques mois qu’une partie des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires veulent prendre leurs aises vis-à-vis de l’organe central BPCE», indique une autre source.
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