Fitch questionne la stratégie d’Oddo dans la banque d’investissement

La dégradation de deux crans du groupe est liée aux difficultés et à la petite taille de sa BFI. Celle-ci a déjà plongé dans le rouge en 2011
Alexandre Garabedian
Fitch questionne la stratégie d'Oddo dans la banque d'investissement. Illustration: PHB/Agefi
Fitch questionne la stratégie d'Oddo dans la banque d'investissement. Illustration: PHB/Agefi  - 

Oddo pâtit de l’environnement difficile en banque d’investissement (BFI). Fitch a dégradé de deux crans la note du groupe, à BBB-, soit le dernier échelon avant la catégorie spéculative. Raison invoquée par l’agence: la baisse des volumes continue à peser sur les revenus et les résultats de la banque d’investissement.

Mais au-delà de cette faiblesse conjoncturelle, Fitch doute de la capacité d’une petite structure comme Oddo à s’adapter à la mutation du secteur. «Il n’est pas clair qu’Oddo puisse établir une marque viable à moyen terme en banque d’investissement», souligne l’agence. Le groupe restait muet hier.

La BFI recouvre trois métiers: le courtage actions, obligations et dérivés, à travers Oddo Securities, le conseil en M&A et marchés de capitaux (Oddo Corporate Finance), et le négoce des métaux non ferreux (Oddo Metals). Le groupe a certes profité de synergies de coûts suite aux rachats de Banque Robeco et de Banque d’Orsay, mais il faudra en trouver d’autres, selon Fitch. Le cas Cheuvreux, qui supprime 500 postes sur 700 en Europe, témoigne des difficultés des courtiers en 2012.

La BFI était encore légèrement profitable en 2010: 5 millions d’euros de résultat avant impôt pour 123 millions de revenus, soit la moitié du produit net bancaire du groupe. Mais elle a perdu 8 millions en 2011, alors qu’Oddo a réalisé dans son ensemble un résultat avant impôt de 45 millions, selon les comptes publiés au Balo. La part de la BFI dans le PNB est tombée à 38%.

Le groupe, qui affichait près de 400 millions d’euros de fonds propres, reste solide. Ses ratios de solvabilité et de liquidité atteignent 14% et 250%, bien au-dessus des exigences minimales. «Oddo maintient un levier bas et une gestion de liquidité prudente» souligne Fitch, en relevant que la structure actionnariale empêche les prises de risques inconsidérées. La famille Oddo détient 42% du capital et les collaborateurs 30%.

Mais l’agence garde sa perspective négative, craignant une nouvelle détérioration de l’activité, et pourrait dégrader la banque en catégorie spéculative. De quoi pousser certaines contreparties à réduire leur flux d’activités avec le groupe ? «Le risque est faible, car la plupart des financements que reçoit Oddo sont garantis par des actifs, estime un bon connaisseur. Par ailleurs, Moody’s a déjà dégradé le groupe en catégorie spéculative sans grandes conséquences».

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