Fimalac se désengage un peu plus de Fitch
Le désengagement de Fimalac dans Fitch Group se poursuit. Le holding coté de Marc Ladreit de Lacharrière a annoncé hier la cession de 10% de l’agence de notation à Hearst Corporation, pour un montant de 177 millions de dollars (134 millions d’euros). L’opération valorise l’ensemble de Fitch à près de 1,8 milliard de dollars.
Le groupe américain en contrôlant déjà 40%, les deux actionnaires se retrouvent désormais à parité. Ils avaient signé un accord en 2006 permettant à Hearst de grimper progressivement au capital de Fitch (qui comprend Fitch Ratings, l’agence de notation proprement dite, et Fitch Solutions). Hearst en avait acquis 20% dans un premier temps, avant de passer à 40% en juillet 2009. A cette occasion, Marc Ladreit de Lacharrière avait «indiqué son intention d’étudier l’hypothèse d’une nouvelle cession de 10% dans les prochaines années». Aujourd’hui à 50%, rien n’exclut, dans le pacte d’actionnaires, que le groupe de médias devienne à terme majoritaire.
En termes de gouvernance, aucun changement majeur ne semble être intervenu. Le fondateur de Fimalac, qui n’a pas répondu aux sollicitations de L’Agefi, demeurera président (chairman) de Fitch jusqu’à ses 80 ans (il en a aujourd’hui 71). «Fimalac et Marc Ladreit de Lacharrière poursuivront leur rôle d’animation et d’assistance qu’ils ont depuis notre association», écrit Franck Bennack, directeur général de Hearst dans un communiqué.
L’accord annoncé hier montre un recul continu de la valeur de Fitch au fil des années. «La précédente transaction se montait à 300 millions d’euros, soit 9% de plus que l’opération d’aujourd’hui», remarque dans une note Richard Houbron, analyste chez Cheuvreux. Or, la vente de 2009 représentait déjà une chute de 30% par rapport à la valeur de 2006. Au taux de change de juillet 2009, la part de 20% valait même 426 millions de dollars, soit 2,1 milliards pour 100% de Fitch. A l'époque, ce dernier intégrait certes Algorithmics, cédé fin 2011 pour 387 millions de dollars, mais le cash serait resté dans la société.
«L’opération d’hier a été réalisée sur la base des mêmes multiples que ceux de Moody’s», indique Pierre Bernardin, analyste chez Exane. Cette baisse est-elle le fruit de la contestation actuelle subie par les agences? «La part correspondant à la notation des pays ne représente que quelques pourcents de leurs revenus», rappelle l’analyste.
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