European Capital reprend la main sur la restructuration de Batisanté
Le Tribunal de commerce de Bobigny a arrêté le 30 décembre le «plan de continuation» sur Batisanté Finances, la holding du groupe sous LBO qui connaissait des difficultés financières depuis 2009. Il permet au prêteur mezzanine, European Capital, d’être le principal protagoniste du nouveau deal en apportant 63% des 10 millions d’euros d’argent frais aux côtés de l’actionnaire historique, 21 Centrale Partners, et du management. «Nous sommes ravis de devenir actionnaire majoritaire de Batisanté aux côtés d’un dirigeant que nous connaissons depuis longtemps pour tirer parti d’un marché encore très fragmenté et plein d’opportunités», déclare Tristan Parisot, directeur général d’European Capital à Paris.
Ce prestataire de services pour immeubles collectifs avait été repris en 2006 pour 120 millions d’euros, avec 40 millions de dette senior et 37 millions de mezzanine. Fin 2008, le retard des évolutions réglementaires attendues et la chute des multiples de valorisation a raison de ses ratios bancaires (covenants). La holding refuse alors l’amendement proposé par la banque, BNP Paribas, qui demande à «accélérer» le remboursement. Le redressement judiciaire ouvert le 4 août 2009 aboutira à deux propositions: un «plan de continuation», avec 21 Centrale et le dirigeant couplé au rééchelonnement de la dette sur dix ans, ou un «plan de cession» avec conversion de la dette de BNP Paribas en capital et l’appui d’un autre fonds (LBO France).
Ce dernier, conscient du potentiel de Batisanté et de l’attente de garanties par le Tribunal, aurait apporté 15 millions d’argent frais, alors que l’entreprise n’a jamais eu besoin de cash (rentabilité toujours supérieure à 15%). Celle-ci ayant même amorcé une reprise, le prêteur mezzanine European Capital profite alors de sa position centrale dans un éventuel «plan de continuation», qui ne peut se décider sans lui, et propose son apport aux actionnaires.
Le «plan de continuation» arrêté par le Tribunal permettra donc de rembourser 5 millions d’euros (sur environ 35) aux prêteurs seniors. Les 5 autres millions serviront à des croissances externes qui, avec la nouvelle dynamique, doivent permettre de regagner le niveau d’Ebitda de 2006 d’ici à trois ans... et une valeur d’entreprise qui permettrait au mezzaneur de retrouver sa mise via l’equity. Un scénario probable, pour ce dossier salué par toutes les parties comme «exemplaire».
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