Eurex se prépare à la bataille des dérivés en Europe
La Bourse allemande relance ses contrats sur Euribor pour attaquer le monopole du Liffe, alors que le Nasdaq s’intéresse aux dérivés de taux européens
Publié le
Alexandre Garabedian
Euribor.
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Photo: PHB.
Une belle bataille se profile sur le marché des produits dérivés de taux en Europe. Eurex a annoncé le 24 mai la relance de son offre de contrats futures sur l’Euribor, un marché aujourd’hui outrageusement dominé par Nyse Liffe. La filiale de Deutsche Börse, spécialisée pour sa part sur la partie longue de la courbe, s’attaque ainsi au quasi monopole de son concurrent londonien au moment où ce dernier doit être racheté par Intercontinental Exchange (ICE). Elle se prépare aussi à l’arrivée d’un troisième concurrent, le Nasdaq.
Eurex propose des futures sur Euribor depuis 1998, mais son offre n’a jamais décollé. A la date du 24 mai, le groupe affichait seulement 8.692 contrats en position ouverte, contre plus de 7,7 millions de contrats futures sur taux courts ouverts au Liffe. La Bourse de dérivés allemande, en revanche, truste les volumes sur la partie longue de la courbe avec ses fameux contrats sur la dette allemande, renforcés depuis 2012 par le lancement fructueux des futures sur OAT.
La relance des contrats Euribor, le 1er juin, passera par la mise en œuvre de nouveaux algorithmes de marché et d’une matrice de spreads complète. Mais pour attirer le chaland, la Bourse allemande met surtout en avant des baisses de commissions sur les positions ouvertes.
Eurex veut clairement profiter des changements à venir au sein du Liffe. Dans le cadre de sa prise de contrôle par ICE, la Bourse londonienne va passer d’un modèle horizontal à une organisation en silo: elle cessera de compenser ses dérivés de taux chez LCH.Clearnet pour utiliser ICE Clear. Un troisième larron, le Nasdaq, entend lui aussi se positionner à cette occasion. Sa plate-forme européenne de dérivés, NLX, n’attend plus que le feu vert des autorités britanniques pour se lancer en ciblant d’abord le marché des futures sur Euribor, dont elle vise 10%. A terme, la Bourse américaine espère bâtir une offre sur l’ensemble de la courbe. Elle sera compensée par LCH.Clearnet.
La position du Liffe est cependant difficile à prendre. Le Chicago Mercantile Exchange s’est attaqué lui aussi en 2011 au contrat Euribor, sans succès. La future filiale d’ICE, qui avait perdu les contrats sur le Bund au milieu des années 90 au profit d’Eurex, pourrait aussi être tentée de relancer ces produits. Des rumeurs persistantes à ce sujet, jamais commentées par l’intéressé, courent les marchés.
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