Eurazeo revient dans le vert mais peine à convaincre les investisseurs
Eurazeo a beau afficher son «meilleur résultat semestriel depuis plus cinq ans», la présentation de ses comptes hier a été fraîchement accueillie. Au lendemain du remaniement de la direction d’Accor, l’une de ses participations, le titre de la société d’investissement a chuté de 6% en séance avant de clôturer en recul de 3,1%, à 46,8 euros. «Il est difficile d’en tirer une conclusion, réagit Philippe Audouin, directeur financier d’Eurazeo. Certains investisseurs prennent leurs bénéfices, d’autres peuvent s’intéresser au titre, mais il leur faut ensuite travailler avant de passer effectivement à l’achat.»
Malgré un chiffre d’affaires économique stable, à 3,37 milliards d’euros, le groupe a renoué avec les bénéfices grâce à 381 millions de plus-values de cessions sur Edenred et Rexel, et 112 millions liés au remboursement anticipé de ses titres Danone. Son résultat net consolidé atteint 329 millions d’euros au 30 juin contre une perte de 147 millions un an plus tôt. Pourtant, «à +40 % depuis le début de l’année, notre cours signe une belle progression qui ne se reflète que partiellement dans notre travail de transformation, la décote implicite sur nos actifs non cotés demeurant très élevée, à 35%», déclare Patrick Sayer, président du directoire. Malgré la hausse de 9% de l’actif net rérévalué (ANR) par action (à 59 euros), la décote sur actif net du groupe atteint encore 19% au 20 août.
«Rationnellement, notre cours devrait externaliser une prime, qui pourrait être comprise entre 20 et 40%, soutient Philippe Audouin. Contrairement aux holdings cotées, une société d’investissement cherche à apporter de la valeur ajoutée aux actifs dans lesquelles elle investit. Nous y parvenons au regard de nos multiples de cessions historiques, avec une moyenne de deux fois notre investissement.»
Pour séduire, Eurazeo met en avant le renforcement de sa structure financière. Sa dette nette consolidée pro forma a diminué de 2,1 milliards pour s’établir à 3,2 milliards fin juin, et sa trésorerie a bondi de près de 500 millions, à 794 millions d’euros au 20 août. Selon Patrick Sayer, elle devrait être «plus proche de 5 à 10 % de l’ANR», soit entre 200 et 400 millions d’euros. Eurazeo pourra donc continuer à racheter ses propres actions et à prendre de nouvelles participations, après avoir seulement injecté 100 millions dans quatre PME au premier semestre. Côté sorties, il s’est refusé à tout commentaire sur l’introduction en Bourse des doudounes Moncler.
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