Eurazeo repousse le projet de cotation d’Elis
A l’occasion de la publication des comptes semestriels en août dernier, Patrick Sayer, le président du directoire d’Eurazeo, s’était emporté contre la décote «insupportable» dont souffrait la société d’investissement par rapport à son actif net réévalué (ANR), promettant d’intervenir sur son titre.
L’engagement a été tenu et il n’est pas près de s’interrompre à la vue de l’information financière du troisième trimestre publié hier par Eurazeo. L’action s’est adjugé 1,6% hier, à 52,2 euros, alors que l’ANR atteint 68 euros au 30 septembre (-2,8%). «Depuis le 1er juillet, Eurazeo a acquis 15 millions d’euros de ses propres actions. Nous poursuivons pratiquement tous les jours depuis ; la décote par rapport à l’ANR s’est creusée, la progression des actifs non cotés n'étant pas prise en compte alors que le cours d’Eurazeo a baissé. L’ensemble des actions sera annulé peu avant l’arrêté des comptes au 31 décembre», indique à L’Agefi son directeur financier Philippe Audouin.
Le troisième trimestre a été marqué par une progression de 5,1% du chiffre d’affaires d’Eurazeo à périmètre et change constant, à 1,49 milliard d’euros. La société a été portée par l’activité de ses participations, notamment Asmodée (+32,5%), Moncler (+14%), Desigual (+13,9%), Accor (+5,5%) et Europcar (+4,3%), malgré une conjoncture terne.
En revanche, la volatilité du marché actions a eu raison du projet d’introduction en Bourse (IPO) d’Elis pour la fin de l’année. «Mais nous n’avons pas d’urgence: Elis progresse bien. Lorsque le marché se rouvrira, Eurazeo sera en mesure de déclencher l’IPO relativement vite, dès que la documentation sera complétée avec les comptes 2014». Quant à l’introduction d’Europcar, dont la préparation est moins avancée, l’échéance du premier semestre est toujours d’actualité. Quoi qu’il en soit, ces deux opérations devraient majoritairement se faire par augmentation de capital. «Nous souhaitons rester un actionnaire important. Nous n’envisageons pas de sortie à l’occasion des introductions en Bourse, ou alors un désinvestissement très léger», affirme Philippe Audouin.
Concernant les deals à venir, ce dernier écarte d’emblée Grand’Mère et L’Or, que les groupes DEMB et Mondelez veulent céder pour 480 millions d’euros. Ce double dossier «ne figure pas dans nos priorités d’investissement. Eurazeo a des projets d’acquisition en cours, mais ils ne devraient pas se concrétiser d’ici à la fin de l’année».
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