Ericsson est prêt à prendre part à la consolidation des réseaux télécoms
Le rachat d’Alcatel-Lucent par Nokia semble remettre en cause la stratégie de croissance d’Ericsson. Selon Bloomberg qui se réfère à des sources proches du dossier, Hans Vestberg, directeur général de l’équipementier télécoms suédois, a prévu une réunion avec d’autres membres du comité de direction le mois prochain afin de discuter de la politique du groupe en matière de fusions et acquisitions.
«Ericsson ne semble pas en mesure de croître suffisamment vite de manière organique pour concurrencer Nokia dans les réseaux fixes, une fois que ce dernier aura intégré Alcatel-Lucent», juge Mathias Lundberg, analyste chez Swedbank.
S’il restera leader mondial dans les infrastructures mobiles, Ericsson pourrait être pénalisé par son absence dans le très haut débit fixe ou les réseaux optiques, alors que les opérateurs télécoms souhaitent désormais que leurs fournisseurs soient capables d’installer des équipements facilitant le déploiement de services convergents. Face à la concurrence chinoise grandissante, Ericsson a envisagé le rachat d’Alcatel-Lucent fin 2014, avant d’y renoncer en raison de synergies jugées insuffisantes, ajoute Bloomberg.
Le groupe suédois est noté BBB+ par S&P, note assortie d’une perspective stable. «Avec une trésorerie proche de 8 milliards de dollars, Ericsson pourrait facilement financer une acquisition en ayant recours à la dette», estiment les analystes de Raymond James. Ils restent néanmoins sceptiques sur la probabilité d’une opération transformante, le groupe suédois ayant privilégié depuis cinq ans des opérations de petite taille afin d’évoluer «vers une activité davantage centrée sur les logiciels, les services à forte valeur ajoutée et les routeurs internet». Le rachat de l’américain Juniper, dont la valeur d’entreprise atteint 10 milliards de dollars, pourrait nécessiter une augmentation de capital, contrairement à celui de Ciena ou d’Infinera qui pèsent respectivement 2,9 et 2,3 milliards de dollars.
Le marché nord-américain constitue le terrain le plus propice à la concentration du secteur, comme en témoigne le rachat annoncé mercredi d’Eden Rock par Nokia. L’opération, qui doit être finalisée au troisième trimestre 2015 pour un montant non dévoilé, permettra à l’équipementier finlandais de se renforcer dans les systèmes d’auto-configuration et d’auto-optimisation des réseaux mobiles.
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