En voie de transformation, Dexia s’attend à meilleure fortune à compter de 2012
«Liquider l’héritage du passé». La formule de Jean-Luc Dehaene, président du conseil d’administration, résume la mission à laquelle Dexia s’est attelée en 2010 et qui l’occupera encore cette année. Sauvée par la puissance publique, la banque franco-belge s’est engagée dans une vaste cure d’amaigrissement et de rationalisation de ses activités. Au programme : cessions d’actifs - la finalisation de la vente de Slovenko est attendue au premier trimestre - mais aussi recentrage de la stratégie commerciale sur la banque de détail et la banque commerciale.
Compte tenu de ce virage stratégique, 2010 et 2011 sont présentées comme des années de transition. Sur l’ensemble de l’exercice écoulé, le produit net bancaire totalise 5,31 milliards d’euros (-14,1%), tandis que le résultat net s'élève à 723 millions (-28,4%). Le coût du risque a reflué, s’inscrivant à 641 millions d’euros (-41,5%). Plus précisément, le groupe a fait état d’une baisse de ses revenus financiers mais d’une «solide contribution des métiers commerciaux».
Ainsi, la «legacy portfolio management division», qui regroupe notamment un portefeuille obligataire géré en extinction (111,7 milliards à fin 2010, en baisse de 22,5 milliards sur un an), a généré une perte avant impôts de 216 millions d’euros. La perte a atteint 246 millions d’euros au quatrième trimestre, principalement en raison de provisions supplémentaires sur son portefeuille de produits structurés. Dexia a en effet décidé d’adopter une approche beaucoup plus conservatrice en ce qui concerne le marché des RMBS américains.
Sur le plan commercial, l’activité de banque de détail et de banque commerciale, qui a contribué majoritairement au résultat avant impôts, a vu ses revenus croître de 3,1% sur l’exercice, à 2,85 milliards d’euros. Dexia indique avoir accru de 5 milliards d’euros le total des crédits à la clientèle, tandis que la collecte des dépôts a progressé de 8% sur un an, soutenue par la bonne tenue de l’activité en Turquie. En financement du secteur public, la banque s’est montrée plus sélective, évoquant une marge en hausse de 76% sur un an en France et en Belgique. Avec des objectifs 2014 confirmés et un ratio core tier one de 12,1%, la banque dit attendre avec confiance la prochaine vague de stress tests.
Plus d'articles du même thème
-
« La hausse des bénéfices du S&P 500 devrait surtout compenser des valorisations exigeantes »
François Dossou, directeur de la Gestion Actions Listed Assets chez Sienna. -
Le secteur aérien européen sera contraint de relever à nouveau ses tarifs
La hausse attendue des factures de carburant en 2027 ne pourra être intégralement compensée par de nouvelles économies de coûts. -
«Désescalade géopolitique et rééquilibrage des trajectoires monétaires vont devenir moins défavorables à l’euro»
Corentin Ponton, responsable de prévision à la Direction des études économiques de La Banque Postale.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
SuccessionConquérir le pouvoir, ou l'exercer ? Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et le miroir du réel
Quand Marine Le Pen envisage d'amender son discours et son programme dans la perspective de la conquête du pouvoir, Jean-Luc Mélenchon ne compte rien céder à la nécessité d'avoir l'air sérieux -
Think againLa Route du Rhum et les manifestations : la France aux deux horizons
La grande course au large remportée dans la nuit de samedi à dimanche par Tom Laperche célèbre la compétition, le progrès technologique et un domaine d'excellence française. Notre chroniqueur Eric Le Boucher la met en parallèle avec les manifestations de ces dernières semaines -
Bombe socialeEncadrement des loyers : « Investir dans un appartement à Paris est devenu moins rentable que de mettre son argent sur un livret A »
Le logement peine pour l'instant à trouver sa place dans le débat présidentiel. Il représente pourtant plus du tiers des dépenses contraintes. Pour Bertrand Moine, du think tank Génération libre, il est nécessaire de détricoter un certain nombre de normes qui étouffent le secteur immobilier si la France veut créer un choc d'offre et, partant, agir vraiment sur les loyers