Dexia retrouve des marges de manœuvre pour son financement
Dexia a péché par optimisme. En début d’année, son directeur général Karel de Boeck chiffrait à 950 millions d’euros les pertes attendues pour l’exercice 2013. A fin septembre, elles atteignent déjà 988 millions d’euros, mais restent bien en deçà des 2,4 milliards enregistrés sur la même période en 2012.
Reste à savoir si la fin de l’année sera dans la lignée du troisième trimestre, où les pertes se sont limitées à -83 millions d’euros, selon les résultats publiés vendredi. Le produit net bancaire est toujours négatif, à -12 millions d’euros, mais la baisse des coûts de refinancement (-23 millions) et la plus-value sur la cession de Sofaxis à la mutuelle Sham (+66 millions) ont compensé en partie le recul des revenus engendré par la vente de franchises commerciales.
Une fois finalisée la cession de Dexia AM à York Life Investments, d’ici à fin mars 2014, le groupe en démantèlement aura en effet arrêté l’essentiel de ses activités. Outre Sofaxis, Dexia a vendu au troisième trimestre d’autres services aux collectivités pour un montant non communiqué: ses 50% de Domiserve à son partenaire Axa Assistance Participations et ses 49% de Public Location Longue Durée à Arval, son coactionnaire.
Pour refinancer son bilan de 238 milliards d’euros, en baisse de 33% depuis fin 2012, Dexia dépend moins des financements auprès des banques centrales, dont la part a baissé de 23 à 19% en un trimestre. Cette année, il se passe même de l’ELA (emergency liquidity assistance) de la Banque centrale européenne. Revenu sur le marché court terme au deuxième trimestre via des certificats de dépôts et du papier commercial américain, Dexia émet aussi à trois et même cinq ans depuis juillet, grâce à la garantie des Etats dont le coût est passé de 85 à 5 points de base.
Enfin ses fonds propres restent faibles (3,4 milliards d’euros), mais progressent de 9% sur le trimestre grâce à la baisse des moins-values latentes de ses portefeuilles d’actifs (réserves AFS) qui profitent du resserrement des marges de crédit (spreads) sur certains titres souverains. Tout en «écartant la probabilité d’une recapitalisation avant la fin de l’année», Aurel BGC reste «négatif sur la dette subordonnée de Dexia» dont l’encours atteint «environ 585 millions d’euros».
Dominique Daridan, responsable de l’analyste crédit chez le courtier, craint en effet un éventuel bail-in, c’est-à-dire l’appel aux créanciers en cas de nouveau sauvetage de la banque.
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