Dexia Crédit Local encaisse le choc de ses moins-values obligataires
Dexia renfloue le Crédit Local. Le groupe franco-belge a injecté cette semaine 640 millions d’euros dans le capital de sa filiale française de prêts aux collectivités locales, en convertissant en actions un prêt subordonné. Un moyen de parer à la dégradation attendue du bilan de Dexia Crédit Local.
La filiale française, dont Alain Clot vient de reprendre les rênes, porte en effet le gros des positions obligataires et des produits structurés du groupe. Géré en extinction, ce portefeuille atteignait 141 milliards d’euros dans les comptes du Crédit Local à fin juin. Or, la valeur de ces titres se dégrade avec la remontée des rendements sur certains compartiments, et les difficultés des émetteurs publics périphériques en zone euro.
Entre décembre 2009 et fin juin 2010, les pertes latentes sur le portefeuille de titres disponibles à la vente du Crédit Local sont ainsi passées de 5,1 à 7 milliards d’euros. Les cessions de titres effectuées pour réduire le bilan se traduisent de fait par des moins-values effectives: 58,5 millions au premier semestre. A l’échelle du groupe Dexia, sur les 25,7 milliards d’obligations, mais aussi de prêts, cédés de janvier à octobre 2010, les moins-values ont atteint 148 millions, soit un taux de perte de 0,6%.
La crise souveraine en zone euro au dernier trimestre a continué à peser sur le Crédit Local. Mais le problème ne se pose que pour les comptes établis en normes françaises. «Les normes françaises nous obligent à reconnaître les moins-values latentes sur le portefeuille de titres en compte de résultat, à la différence des normes internationales IFRS. Le capital de Dexia Crédit Local risquait de passer sous le seuil réglementaire», précise-t-on au siège du groupe à Bruxelles. En normes IFRS, Dexia Crédit Local reste correctement capitalisé, avec un ratio Tier one de 8,4% à fin juin.
Le quotidien belge L’Echo évoquait aussi hier une deuxième explication: des pertes, avérées celles-ci, et liées au transfert de certains portefeuilles à d’autres entités du groupe. Une opération destinée à améliorer la liquidité du Crédit Local. Le groupe Dexia, qui a fermement démenti cette semaine en Belgique des rumeurs d’augmentation de capital, vient d’ailleurs de lancer une réflexion sur l’évolution de ses structures. Objectif: amortir le choc des nouvelles réglementations. Mais une scission du groupe n’est pas à l’ordre du jour, assure-t-on à Bruxelles.
Plus d'articles du même thème
-
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants. -
Schroders Capital anticipe un triplement des opérations de continuation d'ici 2035
Le marché mondial des opérations de continuation pourrait dépasser 330 milliards de dollars d'ici 2035, contre 109 milliards en 2025. Selon Schroders Capital, cette dynamique traduit une évolution structurelle du private equity et accompagne le recul des cessions entre sponsors.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle 2027 : Christine Lagarde envisage de quitter la BCE pour jouer un rôle dans l’élection
Dans un entretien paru le 3 juillet, la présidente de la Banque centrale européenne dit vouloir faire entendre une « voix européenne » dans le débat autour de la prochaine présidentielle française. Sans envisager de candidature à ce stade, Christine Lagarde n’exclut pas de quitter ses fonctions avant la fin de son mandat, prévue en octobre 2027 -
Face à la Chine, l’UE se dit prête à mobiliser tous ses outils de défense commerciale
La Commission européenne maintient le dialogue avec Pékin, mais prévient qu’elle est prête à réagir si les négociations sur les tensions commerciales n’aboutissent pas -
Trump transforme les 250 ans de l'indépendance américaine en grand show politique
Les Etats-Unis célèbrent, ce samedi 4 juillet, les 250 ans de leur indépendance. Mais entre discours de Donald Trump, feu d’artifice géant et organisation parallèle proche du président, cette fête nationale historique prend aussi des airs de meeting grandeur nature pour le président américain