Dexia cherche par tous les moyens à diminuer ses besoins de liquidité
Dexia ne peut plus prêter l’argent qu’elle n’a pas. La banque, qui ne doit sa survie qu’aux garanties apportées par les Etats français et belge, a annoncé la semaine dernière la révocation unilatérale de lignes de crédit non confirmées qu’elle avait accordées à une centaine de collectivités locales et d’hôpitaux en France.
«Nous avons estimé que le moment était opportun, car dans le même temps, la Caisse des dépôts a annoncé qu’elle débloquait une ligne de 3 milliards d’euros, et la Banque Postale a commencé à accorder des crédits de trésorerie aux collectivités locales», indique Jean-Luc Guitard, directeur France de Dexia Crédit Local.
La décision concerne des crédits à long terme revolving (CLTR). Ces produits, accordés sur 15 à 25 ans, fonctionnent comme un crédit renouvelable pendant toute leur durée de vie. Sur 4 milliards d’euros de CLTR, environ 1,4 milliard d’euros de lignes non tirées ont été révoquées par Dexia en vertu d’une clause qui figure dans les contrats.
Les raisons sont évidentes. Le groupe franco-belge a été obligé de demander le relèvement de ses garanties publiques de 45 à 55 milliards d’euros au printemps pour tenir le choc. Les collectivités locales, victimes du tarissement du crédit bancaire en France, risquaient en outre de tirer sur ces lignes dès le mois de juillet, contraignant Dexia à aller chercher cette ressource. Les CLTR, de par leur format revolving, ne sont pas éligibles au refinancement de Dexma, l’émetteur d’obligations sécurisées du groupe. Enfin, Bruxelles exige que la banque réduise ses interventions alors que les services de la concurrence doivent encore approuver son plan de démantèlement.
Annoncée aux intéressées par huissier le 4 juillet, cette décision a fait réagir l’Association des maires de grandes villes de France (AMGVF). «La mise en place de l’agence de financement des collectivités locale et de la société commune entre la CDC et la Banque Postale devient urgente», alerte Guy Lafite, vice-président de la commission des finances de l’AMGVF.
D’autant que la décision de Dexia soulève deux questions. Sera-t-elle imitée par les autres banques qui ont accordé ce type de crédit ? Et les agences de notation dégraderont-elles certaines collectivités ? Pour celles qui émettent des obligations, ces lignes servaient en effet de backup et permettaient d’améliorer la note de leurs titres.
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