Deutsche Bank sauve son trimestre grâce à la banque de détail et la gestion
A l’instar des grandes banques américaines, Deutsche Bank a subi de plein fouet les turbulences de marchés au troisième trimestre mais est parvenue à limiter la casse grâce à sa banque de détail et sa gestion d’actifs.
Le bénéfice avant impôts de la banque de financement et d’investissement (BFI) a chuté de 75% sur un an, à 329 millions d’euros. La division a principalement souffert des perturbations rencontrées sur les marchés de crédits et d’actions et du fort ralentissement de l’activité d’origination.
«Notre performance a été inévitablement affectée par cet environnement mais nous avons bénéficié significativement des décisions stratégiques que nous avons prises pour réajuster et réduire les risques de notre banque d’investissement, accroître la contribution des bénéfices de nos activités bancaires ‘classiques’ et renforcer notre capital, notre liquidité et notre position de financement», nuance Josef Ackerman, le président du directoire de Deutsche Bank. La BFI a également été affectée par une charge de 310 millions prise par anticipation en cas de réclamations liées à des fraudes à la TVA sur le CO2 en Allemagne.
En revanche, les rachats de Postbank et de Sal.Oppenheim en 2010 ont dopé les activités de détail et de gestion d’actifs dont le bénéfice imposable a progressé de 47% à 495 millions d’euros. Sur l’ensemble de ses activités, le bénéfice net ressort à 777 millions d’euros contre une perte de 1,2 milliard au troisième trimestre 2010 due à l’acquisition de Postbank.
Deutsche Bank a par ailleurs fait une simulation des nouveaux stress tests de l’Autorité bancaire européenne (EBA). La mise en valeur de marché des dettes souveraines européennes ramènerait son ratio core tier 1 de 10,1% fin septembre à 9,1% au 30 juin 2012, selon les normes Bâle 2.5, sans avoir à prendre davantage de mesures que celles prévues au quatrième trimestre. Mais le passage accéléré aux règles de Bâle 3 pour le 1er janvier 2013 ferait passer ce ratio à 8,5%, un niveau inférieur aux 9% exigés par les autorités européennes.
Les analystes de RBS évaluent le déficit en capital à 2 milliards d’euros et Deutsche Bank estime qu’il lui faudrait réduire d’environ 30 milliards ses actifs pondérés du risque pour atteindre le niveau requis. «Si l’on inclut les bénéfices non distribués de l’exercice 2012 et une gestion prudente du côté du capital, il semble que Deutsche Bank essaiera d’y parvenir sans nouvel apport de capital», prévoit RBS.
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