Deutsche Bank réduit la voilure dans les dérivés de crédit
La réglementation continue à faire des victimes dans les activités des banques. Deutsche Bank va ainsi arrêter son activité de trading sur la plupart des credit default swap (CDS, contrats de protection contre les risques de défaillance d’une contrepartie) adossés à des prêts d’une même entreprise (single-name contracts). Un porte-parole de l’établissement allemand a confirmé l’information hier à l’agence Bloomberg.
Deutsche Bank n’abandonne pas totalement le marché des CDS. Elle poursuivra le négoce de contrats liés aux indices, aux emprunteurs issus des marchés émergents, ainsi qu’aux sociétés en défaillance.
L’activité que l’établissement veut abandonner est en effet pénalisée par les nouvelles règles élaborées par les autorités européennes et américaines; elles supposent un coût en capital réglementaire important alors que ce dernier est devenu une denrée précieuse. Parmi ces mesures restrictives, le négoce de CDS (à l’instar des autres dérivés OTC) doit désormais être centralisé au niveau des chambres de compensation, ce qui exige la mise en place de montants importants de collatéral par les acteurs qui en font le trading. En avril dernier, l’International Capital Market Association (lobby des grands opérateurs de marché) avait alerté les autorités quant aux menaces que les changements de l’environnement réglementaire feraient peser sur la liquidité du marché et des ressources en collatéral.
En conséquence, le marché des CDS (tenu pour être l’un des responsables de la crise financière de 2008) s’est considérablement rétréci ces dernières années. Selon la Banque des règlements internationaux, le montant des CDS corporate négocié est désormais inférieur 11.000 milliards de dollars, contre 32.000 milliards avant la crise. Le départ de pourvoyeurs de liquidité comme Deutsche Bank accentue le phénomène. Aujourd’hui, le marché des CDS sur indice est nettement supérieur à celui des CDS single-name.
Plus généralement, l’activité n’est pas non plus exempte de risques juridiques. En juillet 2013, 13 établissements, dont Deutsche Bank, ont été soupçonnés d’entente pour empêcher les Bourses de s’imposer sur ce marché entre 2006 et 2009.
Le retrait de Deutsche Bank est lourd de sens alors que l’établissement a bâti une grande partie de sa réputation sur sa plate-forme de trading de taux. Au début du mois, il a annoncé le départ de l’un de ses co-responsables, Zar Amrolia.
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