Deutsche Bank précise ses projets d'émission de capital hybride
Deutsche Bank se lance sur le marché des «CoCos». La banque allemande tiendra demain une réunion téléphonique avec les investisseurs et les analystes pour leur présenter son projet d’émission, annoncé le 28 avril, de capital additional tier one (AT1). Un placement inaugural multidevise de 1,5 milliard d’euros minimum, rendu possible par la récente décision de l’Allemagne de permettre la déductibilité fiscale des coupons payés sur ce type d’instruments, comme c’est le cas dans d’autres pays européens.
Dans une présentation aux investisseurs publiée sur son site internet hier, la première banque allemande précise les modalités de cette émission. Les titres AT1 verront leur valeur nominale réduite si le ratio de fonds propres durs common equity tier one (CET1) passe sous le seuil standard de 5,125%. A fin mars, ce ratio atteignait 13,2% en phase transitoire (phase-in), ce qui offre aux investisseurs un coussin de sécurité de 30 milliards d’euros de capital avant que le seuil de déclenchement des CoCos ne soit franchi.
Les instruments disposent aussi d’une clause de retour à meilleure fortune, un mécanisme de «write-up» laissé à la seule discrétion de Deutsche Bank pour restaurer progressivement leur valeur nominale. De ce point de vue, ces AT1 ressemblent beaucoup à ceux que la Société Générale avait émis fin août 2013. Enfin, indépendamment de son niveau de solvabilité, la banque allemande a toute latitude pour suspendre partiellement ou totalement le paiement des coupons, prévus le 30 avril de chaque année à compter de 2015. Selon Deutsche Bank, la réserve disponible pour le paiement de ces coupons s’élevait fin 2013 à 2,7 milliards d’euros.
Le recours aux instruments hybrides constitue un élément essentiel de la stratégie de recapitalisation de Deutsche Bank. Le groupe compte placer 5 milliards d’euros d’AT1 d’ici à fin 2015. La banque allemande reste relativement moins robuste que ses concurrentes, avec un ratio CET 1 de 9,5% à fin mars en mode fully loaded, c’est-à-dire avec application intégrale des règles Bâle 3. Les réglementations plus contraignantes des activités de marché, en Europe comme aux Etats-Unis, lui coûteront encore cher en fonds propres.
Malgré une augmentation de capital de 3 milliards d’euros réalisée en avril 2013, les dirigeants de Deutsche Bank ont reconnu la semaine dernière qu’ils n’excluaient «aucune option» pour muscler le ratio.
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